Août 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


L’espoir philanthropique nous est permis !

L’engouement pour la philanthropie, en période de crise, n’est un paradoxe qu’en apparence. Car si la crise restreint les marges de manœuvre financières, elle suscite une formidable quête de sens et renforce notre besoin de mettre l’humanité au cœur de chacune de nos actions. Voici pourquoi un espoir philanthropique nous est permis…

Poids historique de la religion, prégnance sociale et économique de l’Etat, fiscalité contraignante : en France, la philanthropie a longtemps été reléguée au rang de culture parallèle. Un chiffre, parmi tant d’autres : l’Hexagone ne compte que 3 000 fondations, quand elles sont 75 000 aux Etas-Unis. Force est pour autant de constater que la philanthropie trouve depuis une petite décennie des poches de résonance de plus en plus nombreuses. En neuf ans, les dons et le mécénat privés auraient ainsi progressé de 100%.

La notion d’intérêt général en pleine mutation
Comment expliquer l’essor de pratiques jusqu’alors marginales ? La philanthropie peut-elle trouver en France un terrain d’expression pérenne ? A quelles conditions, avec qui et jusqu’où ? Qu’est-ce que le don ? Des questions auxquelles Sandrine L’Herminier, consultante en RSE et ancienne journaliste économique, répond avec précision et clarté dans un ouvrage à la fois analytique et synthétique, “L’espoir philanthropique”, publié aux éditions Lignes de Repères. Entre raréfaction des ressources publiques, progression des inégalités, émergence de nouvelles solidarités, l’auteure décrit une notion d’intérêt général en mutation, où l’initiative privée intervient de plus en plus souvent en relais ou support de la puissance publique.

Une nouvelle conception de la richesse
Mais le grand intérêt d’un essor de la philanthropie serait peut-être ailleurs, dans une définition revisitée de l’idée même de richesse. Une richesse pas exclusivement déterminée par des ressorts financiers, ouverte à de nouveaux types d’indicateurs, éthiques, spirituels, culturels… humains. Reste que pour s’épanouir et essaimer, la philanthropie a besoin d’un écosystème favorable. Sandrine L’Herminier liste les mesures indispensables à l’éclosion d’une nouvelle forme de contribution à la richesse collective et à l’intérêt général : structuration du secteur, développement à l’international, précision des cadres de gouvernance, de gestion et d’évaluation, évolution de l’environnement réglementaire. L’intérêt cet ouvrage tient également à une série d’entretiens, restitués sous forme d’interviews, avec des figures très diverses de la philanthropie, qui racontent leurs motivations, leurs parcours, leur foi commune dans cette forme d’action humaniste. En conclusion, l’auteure propose dix propositions concrètes pour dynamiser la culture philanthropique en France.

L’espoir philanthropique, Sandrine L’Herminier, Lignes de Repères, octobre 2012

Muriel Jaouën
Le 25-04-2013
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