Octobre 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


L’insertion, une opportunité pour les entreprises

Christophe Chevalier
Si elle permet d’infléchir les courbes de l’exclusion sociale, notamment chez les jeunes, l’insertion imprime également de nouvelles dynamiques pour les employeurs.

Les 18-25 ans sont les principales victimes de la crise de l’emploi. «L’un des axes de travail majeurs en matière d’insertion porte sur l’accompagnement dans l’emploi. Les dispositifs s’arrêtent pour la plupart aux portes des entreprises. Or, si on ne l’accompagne pas dans son poste et ses tâches, pour peu qu’il n’ait pas été préparé dans ses représentations et sa formation initiale au monde de l’entreprise et du travail, un jeune va très vite décrocher », affirme Matthieu Angotti, directeur général de la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (FNARS).

  Matthieu Angotti

La logique d’accompagnement constitue en soi un véritable atout pour les entreprises : elle leur permet de construire des approches transversales intergénérationnelles, où les jeunes vont permettre à leurs aînés de valoriser des compétences massivement inexploitées. Elle est également l’occasion pour les entreprises de mettre en œuvre une véritable démarche qualité : pilotage en interne, investissements sur la qualification des tuteurs, négociations au niveau des branches, promotion des bonnes pratiques. Une démarche qui associe les publics internes, bien sûr, mais aussi les personnels externes travaillant à l’intérieur de l’entreprise (intérimaires, prestataires, sous-traitants), ainsi que les clients, les fournisseurs, les médias… Cet élargissement du spectre des bénéficiaires offre des perspectives inédites pour l’entreprise.

3 500 structures d’insertion par l’activité économique

Élargir le spectre, c’est aussi ce que propose l’insertion par l’activité
 économique (IAE). Chaque année, plus de 200 000 personnes - bénéficiaires du RSA, jeunes sans qualification,
 chômeurs de longue durée - sont salariées dans quelque 3 500 structures d’IAE en France.

La fédération Coorace réunit ainsi à elle seule près de 500 entreprises de l’économie sociale et solidaire, qui salarient annuellement près de 100 000 personnes dont 83 000 dans le cadre de parcours d’insertion.« Les entreprises du réseau Coorace ont fait une place aux personnes les plus précarisées, ont développé la représentation des salariés et leur participation au fonctionnement et à la gouvernance de leurs entreprises, recréant ainsi des espaces de démocratie dans l’économie », souligne Christophe Chevalier, président de Coorace.

Pour autant, l’insertion par l’activité économique est extrêmement perméable aux aléas de la conjoncture.

Revaloriser le territoire

Du coup, les entreprises d’insertion doivent innover. Parmi les solutions à disposition : les groupements d’économie solidaire (GES), ces entités mutualisées aptes à porter différents outils spécifiquement créés pour les structures de l’économie sociale. « Les structures et activités d’un GES sont liées par un projet collectif de contribution à la création d’activités économiques sur le territoire, au travers d’une offre de services coordonnée qui se traduit notamment par une stratégie globale de valorisation et de dynamisation des compétences et des emplois », commente Christophe Chevalier. En permettant aux entreprises d’insertion d’atteindre des tailles critiques, les GES vont recréer de l’emploi, mais aussi réinventer du lien à l’échelle de territoires de vie, autour d’acteurs de nature diverse : acteurs de l’économie sociale, PME, collectivités.


Cet article est paru dans le numéro 97 du magazine Jeune Dirigeant.

Muriel Jaouën
Le 28-08-2012
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