Août 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Le vélo change de braquet !

La France pourrait-elle devenir l’autre pays du vélo ? En effet, de plus en plus d’entreprises et de collectivités s’équipent de vélos électriques ; un mouvement qu’accompagne depuis quelques années Vélogik.

Créée par Franck Brédy et Gwendal Caraboeuf, la société Vélogik s’est inspirée des vélos en libre-service, Vélo’v à Lyon puis Vélib’ à Paris. « Nous avons exploité une idée que nous trouvions judicieuse explique Gwendal Caraboeuf, en la proposant aux villes moyennes qui ne peuvent s’équiper de tels parcs à vélos ainsi qu’aux qu’entreprises. D’abord aux grands groupes et ensuite aux petites et moyennes entreprises. »

Et le développement cyclable ça marche ! Pionnière dans la région lyonnaise en matière de prestations liées aux trajets en vélo, l’entreprise a étendu son territoire à l’ensemble de la région Rhône-Alpes, la région PACA et l’Île-de-France. Elle va même équiper la Préfecture de police de Paris avec des vélos faits sur mesure, mais… sans assistance électrique ! Côté grandes entreprises dans la région lyonnaise, après Renault Trucks en 2010, Ikea en 2011, c’est Rhodia Belle-Etoile qui a expérimenté le deux-roues pour les déplacements à l’intérieur de son site. Élue « Talent du vélo 2011 », Vélogik équipe aussi de plus en plus de résidences de vacances et d’établissements touristiques.

L’essayer pour l’adopter

Pour faire préférer le vélo, Vélogik déploie une véritable stratégie de séduction. « Lorsqu’une société ou une commune nous contacte, reprend Gwendal Caraboeuf, nous lui demandons si elle dispose d’un parc à vélos ou de la possibilité d’en créer un. Nous essayons également de savoir si certains collaborateurs utilisent déjà ce moyen de transport et au printemps, nous organisons une journée test. Nous venons avec deux ou trois vélos électriques et autour d’un café, nous proposons aux salariés qui le souhaitent de tester les vélos sur un trajet plus ou moins long. Si l’entreprise en fait la demande, nous pouvons même prêter pendant quelques semaines des vélos. L’expérience nous montre que le plus souvent, les collaborateurs d’une entreprise n’osent pas ou n’ont pas le réflexe d’utiliser un vélo pour leurs déplacements professionnels. Du coup, il arrive que nous fassions si nécessaire une deuxième journée d’information, et qu’ensuite, pendant quelques mois, nous mettions en place un véritable coaching autour d’un groupe de volontaires. Nous les accompagnons, nous les formons, nous les stimulons. Ce suivi, associé à la mise à disposition de vélos, aide à changer certaines habitudes et à laisser plus souvent sa voiture au garage. » Ensuite, l’entreprise ou la collectivité prend une location longue durée sur les vélos ou décide de les acheter. Dans les deux cas, Vélogik s’occupe du suivi et de l’entretien des cycles.

Mais toujours près de chez soi

Pour l’utilisateur potentiel, le vélo n’est compétitif que s’il se trouve plus près que sa voiture. Autrement dit, le vélo doit permettre le porte-à-porte. « C’est sans doute pour cela que notre activité intéresse aussi de petites structures qui utilisent nos services pour des livraisons de courriers ou de colis, des déplacements… En plus des modèles de vélos électriques pliables et légers, nous proposons des tricycles et triporteurs pouvant supporter des charges allant jusqu’à 150 kg. » Velogik travaille avec plusieurs fabricants, tous européens et notamment français, comme le normand Mobiky, inventeur de modèles électriques qualifiés de révolutionnaires. Légers et pliables.

Pour Jean Vasseur dont l’agence de communication est installée comme une quarantaine d’autres sociétés, sur un plateau de 900 m², à Vaise, en banlieue lyonnaise, le vélo électrique c’est très pratique ! « Après avoir suivi une formation complète, nous nous sommes regroupés et avons acheté deux vélos électriques. Ils sont en libre-service à l’accueil et comme nous sommes excentrés, ils nous permettent de nous déplacer rapidement notamment, pour les achats de sandwichs... Nous sommes d’ailleurs en train de réfléchir à l’achat d’un ou deux vélos supplémentaires. Je n’y vois que des avantages. Une moindre utilisation de la voiture, un outil d’animation sur le plateau et un service que les entreprises offrent à leurs collaborateurs. »

En tout cas, si le vélo c’est automatique, ce ne serait plus aujourd’hui pour les mêmes raisons. Depuis fin 2011, reprend Gwendal Craboeuf, le discours a changé : le vélo n’est plus écologique, mais économique !


Velogik en bref

La société a été créée fin 2008 et compte 5 collaborateurs. Implantée dans le 7e arrondissement de Lyon, elle a pour objectif de développer l’image du vélo auprès des entreprises et des collectivités. Elle a réalisé l’an dernier un C.A. de plus de 300 000 euros.


60 millions de Poulidor…

En fait, contrairement à ce que chante Kent, nous sommes plutôt troisièmes en Europe. Derrière les Pays-Bas et l’Allemagne.

Reste que faire du vélo est l’activité sportive et de loisir préférée des Français. Notre pays compte plus de 23 millions de pratiquants, soit 45 % des Français âgés de 4 à 65 ans. Le vélo arrive en tête devant la natation, la pétanque, la randonnée pédestre et… le football. Évidemment, c’est au printemps et en été, essentiellement pendant les vacances, que plus de 80 % des Français deviennent cyclistes.

A noter que c’est en Alsace que l’on compte le plus de pratiquants : 62,3 %, suivis de la Bourgogne (52,3 %), le Poitou-Charentes (50,3 %), le Centre (48,5 %) et les Pays de la Loire (48,2 %).

Enfin, le cyclisme est un sport essentiellement masculin puisque 48,5 % des hommes assurent le pratiquer contre 41,2 % des femmes.


Si t’as un vélo, t’as tout compris !

La vitesse moyenne d’un vélo en ville est de 18h km/h, celle d’une voiture de 16km/h

Le vélo c’est économique. A peine une centaine d’euros par an contre au moins 5 300 euros pour une voiture.

Rouler à vélo est 8 fois moins dangereux que de circuler en deux-roues motorisé.

Contrairement à une idée reçue, on inhale moins de gaz d’échappement à vélo que dans l’habitacle d’une voiture. En effet, le cycliste se trouve bien au-dessus des pots d’échappement contrairement aux capteurs de ventilation d’un véhicule à quatre roues !


Cet article est paru dans le numéro 97 du magazine Jeune Dirigeant.

Isabelle Chatain
Le 20-08-2012
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