Juin 2018
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


DotRiver ou le clic de survie de vos ordinateurs !

François Aubriot
Les déchets de matériel informatique sont en constante augmentation et devraient atteindre, selon le rapport 2009 de la société d’études Pike Research, un pic de volume mondial de 73 millions de tonnes en 2015. Des déchets par millions, qui devraient nous conduire à repenser la durée de vie de nos ordinateurs.

Depuis 2008, DotRiver propose de déporter l’ensemble du poste de travail : système d’exploitation, logiciels, données, sur un serveur afin de doubler, voire tripler la durée de vie des ordinateurs. « Aujourd’hui, explique François Aubriot directeur et co-fondateur de DotRiver, plus de 50 % des budgets informatiques dans l’entreprise sont consacrés à la bureautique. Forts de ce constat, nous proposons que l’ensemble des données et des programmes ne soit plus sur l’ordinateur de l’utilisateur mais sur un serveur. Cela permet d’utiliser des ordinateurs qui ne sont pas très puissants, donc non récents, ou des postes de travail qui consomment très peu d’électricité. Nous offrons une technologie complète et sécurisée qui permet, via une connexion Internet, un login et un mot de passe, d’accéder de n’importe quel lieu, à son poste de travail, à son environnement. »

Outre les gains en matière de maintenance, procéder ainsi permet à une entreprise de conserver ses ordinateurs jusqu’à la fin de leur vie électronique, soit 8 à 10 ans. Une solution qui facilite la mobilité et le télétravail tout en réduisant les coûts écologiques et financiers de la bureautique.

« Concrètement, reprend François Aubriot, quand une entreprise doit par exemple changer quelques PC, DotRiver peut lui proposer un fonctionnement différent. Plutôt que de renouveler une partie de son parc informatique, elle peut le recycler ; le fonctionnement mixte étant tout à fait possible. L’ensemble des collaborateurs de la société peut accéder au serveur de manière sécurisée. Serveur qui peut être chez DotRiver, chez un prestataire ou encore dans l’entreprise elle-même. »

Un monde libre pour tous ?

L’entreprise lyonnaise utilise Linux, système d’exploitation fiable, robuste et puissant qui nécessite peu de ressources ainsi que l’ensemble des logiciels libres couvrant le périmètre bureautique : tableur, traitement de texte, présentation, navigateur, messagerie, images… « Nous garantissons à nos clients, poursuit François Aubriot, la bonne marche de leur informatique. Il est important qu’entreprises et administrations s’inscrivent dans une démarche de développement durable pour minimiser l’impact de l’informatique sur l’environnement. »

En 2010, l’entreprise a été lauréate « coup de cœur » du prix de la croissance verte numérique décerné par l’Ademe, Oseo etle ministère de l’Énergie, de l’écologie, du développement durable, du logement et des transports. « Nous collaborons aux travaux du groupe de travail Eco-Info du CNRS notamment en ce qui concerne le cycle de vie des PC et militons pour que le matériel informatique soit utilisé le plus longtemps possible. Actuellement 4 500 personnes environ utilisent nos solutions. L’ensemble des magasins Lapeyre, des écoles, brasseries, associations, mairies, TPE, PME… Nos clients resteront nos clients si, et seulement si, ils sont satisfaits de nos services. Cela nous oblige à avoir les solutions les plus stables et les plus fiables possibles. »

Une entreprise citoyenne

Promouvoir une entreprise qui allie compétitivité et bien être de ses collaborateurs tout en respectant des normes sociétales est le modèle de développement choisi par DotRiver. Dans cette optique, la société participe aux Entrepreneurs d’avenir et aux initiatives Ordinateurs solidaires et Serveurs solidaires. La première collecte les PC, les formate, installe Linux et des logiciels libres puis, les remet à des associations. La seconde récupère des serveurs sur lesquels DotRiver est installé. Ils sont ensuite donnés à des fondations, associations et communes, comme la ville de Tarare en banlieue lyonnaise, qui l’a mis à la disposition d’associations.

Il aura fallu 27 ans (en 2008) pour atteindre le milliard de PC en service. Il faudra 7 ans (2015) pour atteindre le second milliard. Du coup, comme l’explique DotRiver, « le meilleur recyclage, c’est quand il n’y a plus besoin de recycler ! »


DotRiver en bref

Créée en juin 2008, la société est implantée à Vénissieux dans la banlieue lyonnaise. Elle compte quatre collaborateurs en France et deux à l’étranger. Elle a réalisé 230 000 euros de C.A. en 2011.


Une pollution de la fabrication à la destruction !

Selon une récente étude de l’Université des Nations Unies située à Tokyo, fabriquer un PC pesant 24 kilos (écran compris) nécessite :

- 240 kilos de combustible fossile (principalement pétrole)

- 22 kilos de produits chimiques divers

- 1 500 litres d’eau

Chaque année en France, 1,7 à 2 millions de tonnes de Déchets d’Équipements Électriques et Électroniques (DEEE) sont générés par les entreprises et les particuliers. Un gisement très varié : plastique, métaux ferreux, batteries, câbles, cartes électroniques…

Que faire de ces déchets ?

C’est de Bruxelles qu’est venue l'obligation d'organiser une filière de retraitement pour tous les DEEE (à prononcer D3E).

Cette directive, appliquée en France depuis le 15 novembre 2006, oblige les distributeurs à reprendre le matériel usagé d'un consommateur si ce dernier achète un matériel du même type. Charge ensuite au distributeur de le faire traiter dans les filières appropriées, respectueuses de l'environnement.

Mais le circuit de traitement est complexe…

Une partie peut être réutilisée après reconditionnement :

- les matériels sont démontés et leurs composants triés,

- des centres spécialisés assurent le recyclage de certains matériaux (métaux ferreux, verre...),

- d'autres se chargent des composants particulièrement polluants (écrans cathodiques, batteries...),

- ce qui ne peut être recyclé est alors incinéré,

mais quelques composants ne peuvent être ni réutilisés, ni incinérés, ils seront enfouis : on parle de « déchets ultimes ».

Dans les 10 prochaines années, la Chine, l’Europe de l’Est et l’Amérique latine deviendront les principaux pourvoyeurs de D3E… or, il suffit d’un gramme de mercure pour polluer 1m³ de terre ou 1000m³ d’eau pendant 50 ans.


Cet article est également paru dans le magazine Jeune Dirigeant n° 96 de janvier 2012.

Isabelle Chatain
Le 30-04-2012
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