Septembre 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Émotions polonaises

Quatrième destination de notre épopée du Tour de l’Europe en 48 heures, Cracovie ancienne capitale de la Pologne n’en demeure pas moins la capitale culturelle aux attraits incontournables. 25 entrepreneurs JD ont pris le vol de 7h40, le 13 octobre dernier pour aller découvrir le principal marché des PECO (Pays d’Europe centrale et orientale) au plus de 38 millions de consommateurs et au taux de croissance en ces périodes de crises économique et financière qui fait plus d’un envieux en Europe.

Après une plongée dans l’économie locale par un diaporama macro-économique présenté par la chambre de commerce franco-polonaise, suivi d’une photographie légale du pays, la délégation est accueillie sur le site EDF qui a la particularité d’allier production d’électricité à base de charbon et de biomasse. L’enjeu est de taille en Pologne, comme nous l’explique Herbert Léopold Gabrys, ancien ministre de l’Énergie polonais, puisque l’entrée dans l’Union européenne en 2004 bouleverse les perspectives de production de l’énergie locale pour les années à venir.

Une directive de l’UE prévoit en effet la réduction des émissions de CO² de 30 % d’ici à 2050, d’où une nécessaire réforme de la production d’énergie basée sur la principale matière première en Pologne : le charbon. Reconstruction des vielles tranches pour améliorer les rendements, déploiement de politique R&D pour le développement d’énergies renouvelables et enfin comme dans cette usine rachetée par EDF qui alimente en chauffage la ville de Cracovie, utilisation alternée de charbon et de biomasse, avec une part constamment plus élevée de biomasse (objectif : 60 %) constituent les principales solutions alternatives pour répondre aux obligations écologiques du millénaire.

Descente sous terre

Pour parfaire la connaissance de la zone, descente sous terre, à 320 m pour les plus téméraires dans la mine de charbon Guido, à 135 m pour les autres dans une mine de sel, afin de découvrir les conditions de vie précaires des Polonais il n’y pas si longtemps que cela… Zola n’est pas si loin même si aujourd’hui la machine se substitue à l’homme et aux chevaux sous terre, et si la structuration de l’économie polonaise s’est profondément modernisée. Le site de Wieliczka, patrimoine de l’Unesco compte aujourd’hui 200 mineurs quand il en comptait encore 2000 dans les années 1960.

Enfin rencontre avec les expatriés français et des entrepreneurs locaux pour mieux comprendre la culture, les échanges, les règles d’or à ne pas transgresser pour réussir au mieux ses affaires en Pologne. La lourdeur législative reste un des points faibles de la zone : on n’efface pas des décennies de communisme en 20 ans seulement ! La TVA élevée, les délais de paiements longs, les risques de change (l’euro n’est pas pour toute suite) ou encore l’accès limité aux renseignements commerciaux sur les entreprises sont autant de facteurs qu’il faut prendre en compte dans les échanges avec la Pologne.

Devoir de mémoire

Quand bien même, il y a de réelles opportunités dans ce marché libéralisé depuis la fin des années 1990 tiré par une consommation interne, une grande capacité de sous-traitance de bonne qualité et qui constitue une véritable plateforme régionale entre l’Allemagne et la Russie. La production d’équipements domestiques, de yachts (la Pologne est le leader Européen), la sous-traitance automobile, la production de meubles, mais aussi d’habillement et de linge de maison, sans parler de l’économie virtuelle et des TIC qui trouvent toute leur place sur le marché globalisé. La main-d’œuvre, si elle évolue très vite, reste somme toute très bon marché (le SMIC est à 350 euros, le salaire moyen à 800 euros brut).

Notre expédition n’aurait pas été complète en tant qu’organisation qui défend les intérêts de l’homme sans la visite à une centaine de kilomètres de Cracovie du site d’Auschwitch et de Birkenau. Si les longues files d’attente provoquée par le million de visiteurs annuel tendent à effacer la pesanteur des lieux, ceux-ci n’en restent pas moins la preuve « vivante » de l’ignominie, de la déshumanisation de l’homme par l’homme, de l’inconditionnelle barbarie poussée par la folie d’anéantissement d’un peuple, de l’innommable, d’une insoutenable réalité qui dépasse les limites de l’entendement humain. Pour l’histoire de l’humanité, il y a l’avant Auschwitz et l’après Auschwitz. Nous revenons transis, alourdis d’un devoir de mémoire, témoins des restes d’une séquence effroyable de l’histoire de l’humanité.

Stéphanie Le Dévéhat
Le 14-11-2011
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