Septembre 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Lettre ouverte à la Jeunesse et à tous ceux qui la placent au cœur de leur intérêt

Christophe Praud
Alors, que le Centre des Jeunes Dirigeants prépare une journée nationale pour la jeunesse, le 24 mars prochain, je m’attriste devant les chiffres lamentables du chômage avec, toujours et encore, un jeune actif sur quatre « sur le carreau ». J’observe la Tunisie, l’Égypte, la Libye qui se soulèvent – espérance ? -, les élections présidentielles qui approchent... Tout ce bouillonnement médiatique autour d’un futur à imaginer pour notre force vive de demain.

En tant que père de deux « jeunes », enseignant dans l’IUT de Colmar, dirigeant de deux entreprises dont une emploie 20 % de jeunes et surtout, membre du Bureau national du CJD délégué aux questions de la jeunesse, je m’interroge simplement : les jeunes sont-ils suffisamment et pleinement au cœur de nos préoccupations?

Malgré le consensus d’intérêts pour la tranche de la population des 15-25 ans auprès de nos politiques et nos dirigeants, force et de constater qu’elle reste écartelée entre une formation et une éducation enseignées, et l’emploi espéré : les jeunes souffrent de maux structurels et conjoncturels plus souvent subis que choisis.

Les jeunes sont coincés au centre d’une triangulaire composée de la sphère familiale, de l’Éducation nationale et du monde de l’emploi, donc de l’entreprise. Chacun se renvoie la balle et méconnaît l’autre.

D’un côté, les parents qui devraient apprendre à faire cohabiter leurs espoirs personnels et les compétences détenues, avec les envies et les ambitions de leur progéniture et surtout, s’informer sur les formations les plus adaptées à leur profil ou les filières prometteuses d’avenir. Actuellement délégué à la famille par les allocations familiales, l’État gagnerait à reconnaître le statut de « Jeune en Étude » lui octroyant ainsi les moyens financiers et techniques afin de lui donner toutes les chances de réussite (logement, transport, frais de scolarité...)

D’un autre côté, une Éducation nationale qui devrait opter pour une réforme permettant plus de souplesse et du « sur-mesure », pour plus de transversalité, d’ouverture vers l’entreprise et les technologies nouvelles avec un système d’orientation avant-gardiste qui proposerait une véritable promotion de l’alternance. De plus, le collège, véritable « antichambre » de la réussite, ne remplit plus son rôle de lien social et de révélateur de compétences individuelles... Il y aurait beaucoup à proposer à ce seul sujet ! Au CJD, nous avons déjà par le passé tant œuvré pour l’alternance. Notre combat continue et nous sommes toujours force de propositions sur le terrain de l’éducation.

Enfin, le monde de l’Entreprise doit aussi se remettre en cause. Il nous appartient en premier lieu d’opérer une véritable introspection à travers celle des dirigeants qui accepteraient de prendre en considération leurs différences avec cette génération « arrivante » : leurs motivations et leurs centres d’intérêt. Parce que nos jeunes sont abreuvés d’informations en temps réel, ils nous jugent et sont souvent intransigeants. Il y a une urgence dans leur comportement. Leur accès instantané à un panorama global de l’information semble légitimer une certaine agressivité de leur part. Pourtant, les jeunes ont besoin qu’on leur fasse confiance, et vite !

Aujourd’hui, ils acceptent un cadre s’il est légitime ; ils s’identifient au dirigeant et surtout, à son exemplarité, car ils ont toujours besoin d’un tuteur formé à cette fonction. En fait, les jeunes, malgré les apparences, ont besoin qu’on prenne du temps pour les former ; il serait temps que le dirigeant prenne la dimension de cette responsabilité. De même, une entreprise n’investit pas seulement dans des machines : il serait salutaire que les pouvoirs publics reconnaissent enfin que la formation d’un jeune est un investissement pour l’entreprise. Cela permettrait une autre lecture comptable de la performance de celle-ci.

Les pouvoirs publics devraient permettre la mise en place de véritables réformes où chaque partie prenante agirait de concert. Au CJD, nous proposons quelques mesures concrètes comme la valorisation d’un système d’alternance généralisé quels que soit les niveaux de diplôme, des stages rémunérés avec des incitations fiscales pour l’entreprise inversement proportionnelles au montant de la rémunération, ou la mise en place d’un contrat de travail unique en CDI assoupli pour l’entreprise et rassurant pour le jeune. Nous sommes favorables à ce que les jeunes au chômage depuis plus de 6 mois se forment obligatoirement à de nouveaux métiers et aussi, pour la création d’un mentorat individuel (ou cybermentorat) permettant un suivi individualisé.

Au Centre des Jeunes Dirigeants, nous militons pour un nouveau pacte jeunesse et appelons nos dirigeants à prendre leurs responsabilités en provoquant des États généraux sur la Jeunesse afin de définir la feuille de route pour les 15 prochaines années comme d’autres pays l’ont fait. Vous savez, ces pays souvent cités en exemple, mais jamais copié !

Dans cette attente, retrouvez-nous le 24 mars prochain dans toute la France, sur tout le territoire avec nombreuses rencontres et actions entre les Jeunes, les politiques et les Dirigeants du CJD qui ont su placer LES JEUNES AU CŒUR DE L’ENTREPRISE (cf. www.aucoeurdelentreprise.com).

Christophe Praud est membre du Bureau national du CJD et dirigeant de Maven, conseil et formation en performance commerciale

Christophe Praud
Le 24-03-2011
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