Mai 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Jean-Charles Battut : un jeune entrepreneur dans la course

Jean-Charles Battut
Diriger une entreprise à 18 ans, Jean-Charles Battut ne s’y attendait pas du tout ! Mais le jeune Auvergnat a su mettre toute la fougue de sa jeunesse pour relever ce défi inédit et devenir un vrai « serial entrepreneur » !

A l’heure où beaucoup s’angoissent devant les panneaux de résultats du bac, Jean-Charles reprend en 2007 au pied levé FCI, l’entreprise de son père (construction de bâtiments industriels : charpente, bardage, couverture). Autant dire qu’il ne s’était pas un seul instant projeté dans cette activité. Mais comment devient-on patron à 18 ans ? « Quand on est jeune, les gens ne s’imaginent pas ce que l’on peut faire. Ils ne nous prennent pas au sérieux, explique Jean-Charles. Mais, en fait, on est certainement beaucoup plus conseillé que quelqu’un qui a de la bouteille ! »

Très entouré et aidé, que ce soit dans l’entreprise ou en externe, Jean-Charles prend ses marques et s’habitue à ce nouveau costume. « J’ai rencontré tous les fournisseurs et certains m’ont proposé des tarifs abracadabrantesques ! » Alors, pour mieux vendre, il décide de mieux acheter, et renégocie tous les prix, un à un. Mais sa famille reste son plus fidèle soutien. Aujourd’hui encore, lorsque ce féru de course automobile parcourt le monde pour des compétitions (il vient de terminer troisième des 24 heures de Dubaï), ce sont ses parents qui assurent l’intérim : « J’ai confiance ! Même si je sais que pendant quelques jours l’entreprise va être gérée “à l’ancienne”, je peux compter entièrement sur eux.»

De l’énergie et des projets à foison

Son audace, son inventivité, sa volonté d’aller de l’avant font de Jean-Charles un stratège hors pair et lui permettent de se démarquer dans son domaine. Le virus est attrapé ! Il s’investit alors dans C2F, l’entreprise de sa mère (roulage et pliage de tôles fines) et décide, en 2007, de mettre en place la R&D et les investissements nécessaires au développement d’une nouvelle activité : le roulage de tôles et le poinçonnage. Son leitmotiv « faire des produits que les autres ne font pas ». La même année, un nouveau bâtiment de 1000 m2 est construit pour le stockage des matériaux de FCI. Toujours en 2007 est créée la branche Transport/mécanique : « Cela nous permet de transporter nous-mêmes sur les chantiers nos engins et les approvisionnements en matière première. Grâce à l’activité mécanique, nous assurons l’entretien de notre parc matériel », nous explique Jean-Charles. La chaîne est ainsi totalement maîtrisée.

Mais, les idées ne cessent de germer et il ouvre en juin dernier B to B Distribution. Ce bâtiment de 800 m2 situé à côté de l’atelier existant accueille un magasin de fournitures industrielles, un espace de stockage et « également un étage de bureaux pour une holding future… », précise Jean-Charles dont l’esprit est toujours en alerte. 2010 est également l’année de création de la branche Zinguerie au sein de C2F pour sertir et agrafer les tôles plutôt que de les souder. Les locaux de cette même société ont également été réaménagés avec une action forte en matière de confort au travail : éclairage qualité lumière du jour, nouveau chauffage, gros nettoyage, pont roulant, déplacement des machines, marquages au sol… Aujourd’hui, FCI, C2F et B to B Distribution regroupent 27 salariés.

Et demain ? Jean-Charles surveille d’ailleurs de près un concurrent à Bordeaux qui ne va pas bien… Il profite également de ses déplacements pour les courses automobiles dans le monde entier pour multiplier les rencontres professionnelles et il y a fort à parier que le lancement à l’export ne saurait tarder.

Passionné, Jean-Charles est également modeste : « De nombreux investissement ont été lancés depuis mon arrivée mais ils ne sont que possibles que parce que mes parents sont encore là. En effet, pendant que je gère les évolutions, ils permettent à l’existant de continuer à fonctionner. Mener autant de projets de front n’est pas possible seul et il faut savoir l’avouer et s’en servir pour que le développement ne se fasse que plus vite ! »

Complètement addict !

Mais quel est son carburant ? Lorsque l’on interroge Jean-Charles sur ses motivations, la réponse fuse : « Aucune monotonie ! Tous les soirs, on a quelque chose de nouveau à raconter. Être chef d’entreprise, c’est grandir à la vitesse grand V. Lorsque je suis avec des jeunes de mon âge qui n’ont pas le même parcours, c’est vrai qu’il y a une différence de maturité et il est également vrai que la vie privée est réduite, mais c’est un choix que je ne regrette pas. ». En plus du CJD, Jean-Charles partage également sa passion pour l’entreprise au sein de Moovjee, le mouvement pour les jeunes et les étudiants entrepreneurs et n’hésite pas lors de conférences à inciter les jeunes à se lancer en leur conseillant de s’accrocher ! Jean-Charles fait le parallèle avec la course automobile : « Dans les deux cas, on n’a pas le droit à l’erreur. Les deux sont des activités d’endurance et on ne peut pas se laisser gagner par l’euphorie : tant que ce n’est pas fini, c’est pas gagné. ». Gageons que ce goût pour l’innovation et cette passion d’entreprendre conduiront Jean-Charles sur la trace des grands patrons !

Nathalie Garroux
Le 21-03-2011
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