Février 2019


Le Grand débat, source d'espoir pour les entreprises françaises

TRIBUNE - Gilets jaunes sur leur marché intérieur, guerre commerciale, Shutdown et Brexit sur leurs marchés extérieurs, les temps sont durs pour les entreprises françaises. Heureusement, l'horizon n'est peut-être pas si sombre qu'il n'y paraît.

Sans Trump, ni May, ni Macron, retenus dans leurs pays respectifs pour cause de Shutdown, Brexit, et Gilets jaunes, la 49ième réunion annuelle du Forum économique mondial s'est ouverte la semaine dernière dans une atmosphère inédite.

Pour la première fois depuis des années, les « élites » économiques réunies à Davos en sont convaincues, les vieilles recettes ne suffiront pas à résoudre les crises sociales et politiques causées par la montée des inégalités et des populismes aux quatre coins du globe.

Avec un quinquennat de retard, voici donc venue l'heure du changement. Reste désormais à savoir s'il prendra les traits d'une réforme ou d'une révolution...

Dans ce contexte de très grande incertitude, tant au niveau national qu'international, les entreprises françaises s'interrogent. Comment naviguer au milieu d'un tel tumulte ? Qu'elles se rassurent, le tableau n'est peut-être pas si noir que ça !

L'impact des gilets jaunes reste conjoncturel

L'herbe est souvent plus verte chez le voisin, surtout en temps de crise. Pourtant, à bien y regarder, la plupart des grandes économies de la planète sont aujourd'hui déstabilisées.

Les États-Unis sont confrontés au plus long shutdown de leur histoire. Le Royaume-Uni traverse une crise sans précédent et s'apprête à sauter dans l'inconnu le 29 mars prochain. Quant à la Chine, elle paye aujourd'hui le prix de la guerre commerciale avec un rythme de croissance retombé à son plus bas niveau depuis 1990...

Certes, la France est elle aussi en difficulté, mais contrairement à ses homologues étrangers, elle dispose d'une sortie de crise potentiellement favorable à ses entreprises : le Grand débat.

L'opportunité historique du Grand débat

En parvenant à canaliser les colères exprimées autour des ronds-points grâce à son Grand débat, Emmanuel Macron a sans aucun doute fait le plus difficile. Suite aux violences et velléités révolutionnaires des dernières semaines, voici donc venu le temps des échanges.

La Grande marche avait préparé l'acte I du quinquennat. Le Grand débat prépare l'acte II. En hausse de 4 points dans le sondage du JDD paru ce dimanche, le président dispose d'une fenêtre de tir idéale pour réformer la France. Le ras-le-bol fiscal des particuliers l'a certes obligé à faire marche arrière sur quelques sujets, mais il lui offre aussi et surtout une opportunité inédite pour faire bouger les lignes en obligeant toutes les parties prenantes à se mettre autour de la table et à faire des efforts. À ce titre, la taxation des géants du numérique annoncée par Bruno Le Maire n'est pas un hasard du calendrier...

En dépit de la très médiatique crise des Gilets jaunes, l'économie française profite d'une stabilité structurelle bien plus forte que la plupart de ses économies concurrentes. Les investisseurs ne s'y trompent pas lorsqu'ils choisissent de prêter à la France à des taux négatifs. Après tout, la France n'est-elle pas l'une des rares puissances économiques n'ayant pas cédé aux populistes ?


Sébastien OUM est le CEO d'Yseulis.
Sébastien Oum
Le 28-01-2019
Imprimer Twitter Facebook LinkedIn
Laisser un commentaire
E-mail :
Confirmation :
Pseudo :
Commentaires :
Code de sécurité :
Powered by Walabiz