Mars 2019


Le Qatar au féminin

© Can Stock Photo / nkooume
Femmes hyperactives et entrepreneuses chacune dans leur domaine, elles participent à la transformation du Qatar. Nous avons rencontré trois d'entre elles.

Le pouvoir du Yoga

Dans une ville en mutation permanente, Pearl est un peu l’oasis de décompression de Doha. C’est dans cet archipel d'îles artificielles que Jawaher Al Fardan, jeune entrepreneuse trentenaire a choisi d’ouvrir un centre dédié au bien être. « Doha c’est la vitesse et l’agitation, ici c’est le ressourcement ».Chez Evergreen Organics,premier restaurant végétarien/végétalien du Qatar, on ressent de bonnes ondes. Fraicheur, huttes en bambous, effluves culinaires à base d’épices et d’agrumes. Les plats sont ornés de plantes et d’herbes sauvages.Les menus exclusivement biologiques ne comportent aucun aliment transformé et sont à base de noix germées, des grains fermentés et des tartinades sans sucre.

Jawaer est également professeure de yoga, forte de ses 500 heures de formation et de rencontres avec des maîtres en Inde, à Bali et à Los Angeles. Ouvert en 2016, Niya Yoga Center (Niya signifie en arabe «intention») est une immense salle couverte de tapis pour créer « une communauté chaleureuse et dynamique où chacun est invité à explorer le pouvoir du yoga, c’est un refuge organisé pour s’extraire des journées de travail». Les cours sont ouverts à tous, et pour ceux qui cherchent à en apprendre davantage, des enseignants de renommée internationale animent des ateliers, ainsi que des week-ends de bien-être. Sans oublier des cours exclusivement réservés aux femmes. « Le corps vous dira toujours ce qu'il veut, il faut juste l'écouter et l'écouter. Le yoga vous apprend à gérer les obstacles, à respirer, à éclaircir son esprit, à analyser la situation et à réagir de manière consciente». Dans un pays qui compte près de 85% d’expatriés, celle que l’on surnomme Jade s’attendait à avoir une clientèle étrangère et quelle ne fut pas surprise de voir arriver en masse des Qataris. Pour elle, la réussite matérielle et l’argent ne suffisent pas à nourrir son existence.

Ministre entreprenante

Diplômée d’un PhD en sciences de l’information de l’Université américaine George Washington,Hessa al Jabern’oubliera jamais ce jour de juin 2013.«C’était une grande reconnaissance, pas seulement parce que j’étais une femme mais parce que je connaissais le secteur depuis 10 ans commeSecrétaire Générale du Supreme Council of Information and Communication Technology.Coiffée d’un voile discret, la voix douce mais autoritaire, elle ne peut cacher son émotion.«J'ai dit à ma mère et à mes 3 enfants avant l'annonce » Très vite, le magazine Forbes la classe parmi les femmes arabes membres de gouvernement les plus puissantes.Elle va travailler au projet de satellite qatari, lancé en août 2013. «Quand j'y pense maintenant, j'ai le sentiment d'avoir vécu un voyage merveilleux, des hauts et des bas, mais quand je vois la trace de ce que j'ai fait avec mon équipe formidable, je pense que je contribue à la prospérité du secteur » En 2016, elle intègre le conseil de surveillance deVolkkswagen. Vice-Présidente de Qatar Satellite Company Es’hailSat, elle occupe le fauteuil de Commissaire au sein de l’Institution spécialisée des Nations-Unies, la « Broadband Commission for digital development. Avec le temps qui lui reste, elle encourage régulièrement de jeunes Qataris, hommes ou femmes à monter leur entreprise.

Médaille d’or de l’ouverture

Du haut de la tour du Comité olympique du Qatar, Cheikha Asma Al Tani scrute l’horizon. Au delà de la mégalopole Doha, elle parcourt le monde pour observer les bonnes pratiques. Son credo ? Faire du sport, un levier pour l’émancipation des femmes mais aussi un outil de dialogue entre les femmes de cultures occidentales et arabes. Le jour de notre rencontre, elle rentre de Londres om elle a rencontré Sebastian Coe, le champion sacré maître d’œuvre des JO en 2012. Adepte des sports extrêmes, la directrice du département marketing et communication fut la première femme à gravir le mont Kilimandjaro. «Les athlètes d'élite cela prend du temps, mais des progrès significatifs ont déjà été réalisés et un jeune groupe d'athlètes émergent dans la génération suivante» Sur son bureau trône un dossier épais, celui des Jeux asiatiques à Jakarta-Palembang avec 221 athlètes, dont 29 athlètes féminines.Un autre défi l’attend : devenir la première Qatarie à skier au pôle Nord au sein d’une équipe internationale.


Gilles Trichard
Le 19-12-2018
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