Décembre 2018


Quand l’épanouissement professionnel individuel devient la clé de la réussite collective

TRIBUNE - Les tensions du marché de l’emploi amènent les départements RH à se réinventer et à mettre en œuvre de nouveaux dispositifs pour attirer et fidéliser les talents. En effet, dans un marché toujours plus concurrentiel, les acteurs économiques déploient des ressources considérables pour renforcer l’attrait de leur marque employeur. Pour autant, force est de constater qu’une priorité semble se dégager : la notion de bien-être et d’épanouissement professionnel individuel.

Dans ce contexte, les équipes RH ont un rôle clé à jouer. Déjà en 2016, le baromètre DRH de la Cegos pointait du doigt l’une des qualités attendues par les salariés vis-à-vis de leur DRH : une bonne écoute(65%). La relation avec les collaborateurs est donc vitale, elle doit intégrer une dimension « d’émotion ».

Nous parlons ici de donner vie à une expérience collaborateur. Au même titre que l’expérience utilisateur si souvent évoquée, l’expérience collaborateur a pour unique ambition de faire vivre au coworker un moment privilégié dans l’entreprise et de lui permettre de donner le meilleur de lui même pour remplir un objectif commun. Il s’agit donc d’une réalité quotidienne à animer et non d’un simple gadget marketing éphémère destiné à attirer de nouveaux talents.

Les femmes et les hommes, en tant qu’individus et non comme simple salariés, sont donc les nouveaux assets incontournables des entreprises performantes et responsables. Il nous appartient alors de bâtir les fondations nécessaires à leur épanouissement professionnel individuel et collectif.

L’engagement de chacun repose sur trois grands piliers :

1 - Proposer un projet clair partagé par tous pour donner du sens à chacun

L’enquête réalisée par le Cabinet Deloitte fin 2017 sur plus de 2300 personnes confirme l’importance accordée à ce besoin de recherche de sens (87 % des personnes interrogées). Cette quête de sens est perçue pour une grande majorité comme collective mais ne doit pourtant pas nous faire oublier qu’elle se ressent aussi individuellement dans les missions quotidiennes de chacun. Au regard de ces éléments, le concept du « Brown Out », encore peu connu des managers et des équipes RH, doit donc être pris au sérieux.

2 - Prendre en compte l’individualité et admettre que chacun ait le droit d’être soi

L’entreprise doit impérativement prendre en considération les leviers de motivation personnels de chaque collaborateur. Elle doit ensuite mettre en place les conditions nécessaires à la réalisation de cet engagement individuel sans systématiquement imposer une approche unique et obligatoire : modes managériaux innovants et ouverts, mise en place du télétravail sur la base du volontariat... Parue en octobre 2017, l’étude annuelle «Famille et Entreprise »menée par Viavoice nous donne ici un bon exemple : pour 68 % des sondés, la conciliation famille-travail est un enjeu central et passe avant tout par une réflexion sur les horaires et l’adaptation aux contraintes de chacun. Le « Take Care » prend donc ici toute sa dimension et devient une compétence incontournable des équipes RH.

3 - Respecter ses engagements et entretenir la relation avec les collaborateurs dans le temps

Une nouvelle fois, le baromètre DRH de la Cegos mettait en exergue les attentes des salariés envers leur DRH : respect des engagements (65%) et rigueur morale (61 %). Concrètement, cela passe par une capacité de l’entreprise à aller au bout des engagements pris lors du recrutement du collaborateur et à lui faire vivre la « fameuse » expérience promise. Il s’agit alors de respecter le contrat moral conclu et les valeurs affichées.

Globalement, aucune étude ne mesure la corrélation mathématique entre le bien-être et la performance. En revanche, le coût du mal-être au travail, et notamment du stress, est à l’origine de plus de 50 % de l'absentéisme constaté en entreprise. Ce seul chiffre doit attirer notre attention.

Ces différents éléments nous prouvent donc, s’il était encore besoin de le faire, que les femmes et les hommes sont au centre de la performance des entreprises. Sans tomber dans la béatitude du bonheur au travail, en donnant la possibilité aux collaborateurs de vivre une expérience professionnelle leur permettant de se sublimer, il est alors possible de faire la différence et de s’entourer durablement d’équipes enthousiastes, fidèles et travaillant de concert pour porter un projet commun et partagé par toutes et tous.

Il ne faut toutefois pas promouvoir les collaborateurs au rang de rois. L’exigence portée par les RH et les managers doit aussi être intégrée dans cette équation pour maintenir une relation équilibrée ne favorisant ni l’intérêt individuel, ni l’intérêt collectif et ainsi maintenir une relation gagnant/gagnant, ou l’épanouissement professionnel personnel conduit à la performance collective.


Sylvie Blondel est DRH de Stormshield


Sylvie Blondel
Le 5-12-2018
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