Octobre 2018


Rencontre avec Paul Watson, berger des mers

Attention, danger ! Le CJD donne la parole à un célèbre écoterroriste en cette première journée de congrès… Écoterroriste… Ce qualificatif, Paul Watson a du mal à l’accepter. « Qui sont les écoterroristes ? Moi ou Monsanto ? Moi ou BP ? »

Mais qui est donc Paul Watson ? Tout simplement une légende. Membre fondateur en 1969 de Don’t Make A Wave Committee, future Greenpeace, il en est cependant exclu en 1977. La raison ? Ses actions directes qui vont à l’encontre des principes de non-violence prônés par l’organisation. Watson fonde dans la foulée son propre groupe, la Sea Shepherd Conservation Society.

Justicier des mers

« Il vient une heure où protester ne suffit plus ; après la philosophie, il faut l’action », écrivait Victor Hugo dans Germinal. Cette citation, Sea Shepherd (« Berger de la Mer ») l’a faite sienne et résume à elle seule sa raison d'être. Concrètement, l’ONG travaille sur trois axes majeurs. D’abord intervenir de manière active et non violente dans les cas d’atteintes illégales à la vie marine et aux écosystèmes marins. Ensuite, exposer les abus et les pratiques non durables ou non éthiques d’atteinte à la vie marine et à l’intégrité des écosystèmes marins en alertant les médias et l’opinion publique. Enfin, sensibiliser cette dernière au lien essentiel qui nous relie à l’océan à travers diverses interventions en festivals, écoles, organisation de conférences, expositions, publications, films, etc.

Non-violence agressive

Devant les 1500 Jeunes Dirigeants présents le 18 mai, Paul Watson fait l’apologie de la "non-violence agressive", comme il l'appelle lui-même. Non-violence, car Paul Watson s’enorgueillit de n’avoir jamais blessé quiconque physiquement lors de ses nombreuses opérations. Agressive, car des prédateurs, il en fait ses proies. Sea Shepherd harcèle ceux qui vident les océans jusqu’à ce qu’ils abandonnent ou soient arrêtés. L’ONG ne défend pas les océans dans les couloirs de Bruxelles ou des Nations Unies, mais sur les flots, drapeau noir hissé… Paul Watson arbore en ce jour un cache-œil. Non pas pour jouer au pirate, mais suite à une opération de la cornée, dommage consécutif à une mission de plusieurs mois en Antarctique. Car Paul Watson n’a pas à jouer au pirate ; il en est un, authentiquement. Les campagnes de son ONG lui ont valu des poursuites judiciaires dans divers États, dont les États-Unis, le Canada, la Norvège, le Costa Rica et le Japon. Il a été emprisonné en Allemagne en mai 2012, suite à une « notice rouge » émise par Interpol, qui demandait son arrestation afin qu’il puisse être extradé au Costa Rica. Une seconde notice rouge a été émise le 14 septembre 2012, visant cette fois une extradition au Japon. S’il collabore parfois avec les États, notamment ceux qui, trop pauvres, ne peuvent faire la police eux-mêmes, Paul Watson sait pertinemment que ce qui est légal n’est pas pour autant légitime… Quand des États montrent de la complaisance et même de la complicité envers ceux qui pillent les océans, notre pirate n’a pas peur de prendre ses responsabilités et de désobéir.

Le combat continue

La raison de l’efficacité des campagnes menées par l’ONG ? « Les bénévoles sont des passionnés. Je préfère les bénévoles qui agissent beaucoup aux salariés qui ne font rien »,répond notre Barbe bleue. On l’a bien compris : la langue de bois, très peu pour lui. Tout comme la retraite. À presque 70 ans, il n’aspire pas à abandonner le combat.


La rédaction
Le 22-05-2018
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