Octobre 2018


L’entreprise a besoin des valeurs de la jeunesse

TRIBUNE - Etre jeune ou ne pas l’être, cela pourrait être la question. En fonction du lieu où nous sommes, de l’environnement dans lequel nous évoluons ou bien tout simplement de l’objectif que nous visons, être jeune est soit un avantage soit un frein.

Symbole de fraîcheur et de vitalité, il est tout autant symbole d’inexpérience, d’impulsivité voire d’inconscience. Un a priori souvent basé arbitrairement sur l’année de naissance indiquée sur notre carte d’identité.

Or être jeune tient peut-être davantage à la posture qu’à l’âge réel : l’expérience tient davantage à la richesse du vécu qu’au nombre d’années vécues, au qualitatif davantage qu’au quantitatif.

Dans une société qui fait voler en éclat tous les codes du passé, être âgé ne doit pas non plus être associé à des cheveux grisonnant, à un visage qui se ride ou à une simple date de naissance. L’insolence et la capacité à innover elles aussi n’ont pas d’âge !

Alors, c’est quoi être jeune ?

Des esprits brillants affirment que la jeunesse tient avant tout à une posture, à une volonté de croire en l’avenir, à une tournure d’esprit. Que ce soit le général Douglas Mac Arthur ou bien encore Jean Mersch, le fondateur du CJD : ceux-ci ont utilisé leurs mots en leur temps pour décrire avec beaucoup de justesse ce que c’est que d’être jeune.

Moi, Olivier De Pembroke, Président National du Centre des Jeunes Dirigeants en 2018 et né en 1977, je l’exprime de la manière suivante. Etre jeune, c’est avoir l’objectif de s’affranchir toujours et partout de deux expressions : le célèbre « c’était mieux avant » et l’horripilant « c’est comme ça ». Ces deux formules furent érigées en rempart contre la jeunesse et ont sclérosé le système, l’innovation ainsi que l’optimisme. Lors d’une conférence de l’amiral Lajous, ce dernier expliquait que la période de la guerre froide associée aux trente glorieuses a fait croire à une génération passée que notre monde est stable et simple, que le bien est d’un côté et le mal de l’autre, que la croissance économique était infinie… On sait ce qu’il en est aujourd’hui…

Notre monde fut et reste un monde complexe et en mouvement. Peut-être ne voulions-nous pas le voir tel qu’il était, parce que la vérité était trop belle pour être contredite. C’est notre jeunesse qui en a fait les frais…

Mais c’est fini ! Je suis un spectateur privilégié de tous ces changements. Nous sommes en train de faire confiance à ceux qui bougent les lignes, à ceux qui ont la volonté de créer un avenir et non les partisans du statu quo. Et c’est ça être jeune : accueillir chaque vérité établie par un « pourquoi » insolent, ne jamais considérer que tout est écrit d’avance, comprendre que nous devons être acteur « là maintenant » pour écrire en conscience un futur qui nous ressemble.

Malheureusement je constate qu’il faut parfois désapprendre pour (ré) apprendre à être jeune. La société, les parents, le système scolaire nous invitent à écrire l’histoire de notre vie avant même d’avoir commencé à la vivre. Nous sommes jetés dans un système dans lequel tout pense à notre place. Eduquer, c’est prendre des risques et faire prendre des risques, pour penser par soi-même et être en mesure d’influencer positivement le système. Ce sont les risques que nous prenons qui nous façonnent et nous font grandir.

En écrivant ses lignes, je ne veux pas faire l’apologie de la jeunesse, mais celle des vertus portées par la jeunesse. Mais quelles vertus ? D’abord, l’humilité pour continuer à avoir la volonté d’apprendre, d’encourager toujours et encore l’optimisme afin de construire un monde responsable. Et puis la volonté impertinente de s’affranchir du passé pour continuer à voir notre monde évoluer vers davantage d’humanité. Ce sont ces convictions que tous nos adhérents partagent au CJD ; ce sont ces fondamentaux qu’ils portent au sein de leurs entreprises, et bien au-delà !

Si nous ne faisons pas vivre ces valeurs, le risque est d’assister impuissants au vieillissement de notre société et de nos organisations et de devenir séniles, c’est-à-dire plus fragiles, plus lentes, plus dégénérescentes. Mais contrairement à ce que peuvent dire ceux qui jouent les cassandres, notre société et nos organisations n’ont pas vocation à mourir ; elles peuvent et même elles doivent se réinventer sans cesse, s’oxygéner au contact de l’expérimentation et de l’innovation.

Au Centre des Jeunes Dirigeants, nous pensons que la rentabilité n’est pas une fin en soi, mais un moyen d’assurer la pérennité d’une entreprise. L’entreprise a également besoin des valeurs de la jeunesse — l’imagination, l’innovation, la prise de risque, la modernité, la performance, l’ouverture d’esprit, le sens du travail en équipe… — pour se projeter vers demain et contribuer à un monde plus humain.


Olivier de Pembroke
Le 11-04-2018
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