Décembre 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Quelle gouvernance en 2030 ?

Dans le dossier de son numéro de juillet, Dirigeant Magazine ouvrait la réflexion : « Quelle gouvernance pour demain ? ». Le 28 novembre dernier, Happy GOVDay, première édition des assises mondiales de la gouvernance, s’emparait du même sujet pour le porter haut. Très haut.

Virginie Nogueras peut être satisfaite. Virginie Nogueras, c’est cette dirigeante lyonnaise à l’initiative de cet événement inédit qui a réuni à l’Hôtel de Région Auvergne-Rhône-Alpes 850 personnes, dont bon nombre de décideurs, pour imaginer la gouvernance du futur. Un événement qui a fait la part belle à des intervenants venus du monde entier (Canada, Bénin, Mexique, Cameroun, Suisse, Iran…), pour la plupart d’entre eux encore inconnus en France. Politiques, chefs d’entreprise, géopoliticiens, sportifs, citoyens engagés, étudiants[1], prospectivistes et même une cheffe d’orchestre et un prêtre, le casting de cette journée fut aussi placé sous le signe de la diversité. Résultat de ce melting-pot : de très belles découvertes.

Bifurcation

Mais pourquoi la question de la gouvernance se pose-t-elle aujourd’hui avec tant d’insistance, pour nos entreprises comme pour nos territoires ? Nous vivons une bifurcation. Cinq ruptures majeures viennent rebattre les cartes de la manière dont sont prises et mises en œuvre les décisions aujourd’hui dans le monde, quel que soit l’échelon. Rupture écologique, qui implique une gouvernance globalisée et systémique en réponse à des enjeux interconnectés. Rupture technologique, avec le danger de voir l’être humain esclave de ses créations. Rupture organisationnelle qui nous oblige à l’agilité permanente dans un environnement instable et incertain. Rupture financière et industrielle, où l’on passe d’une économie de masse, caractérisée par des prix toujours orientés vers le bas, à une économie de la valeur d’utilité, marquée par la virtuosité, l’excellence… également dans la gouvernance. Rupture éthique enfin, où après la démesure et le narcissisme de l’Homme de la Modernité, il s’agit aujourd’hui pour lui de retrouver sa juste place.

Du pyramidal au réseau

C’est devenu un poncif : nos organisations doivent rompre avec le fonctionnement pyramidal pour se convertir au réticulaire. C’est une des conditions de l’agilité. Mais dans les faits, il n’est pas aussi simple de se conformer à cette injonction, notamment pour les grandes entreprises. Oui, l’environnement de l’entreprise oblige celle-ci à s’organiser différemment, à placer les centres de décisions au plus près du terrain. Mais les contraintes intérieures à l’entreprise doivent également être prises en compte. Entre la pyramide et le réseau, il y a la diagonale. Pour aller vers l’idéal tout en gérant aux mieux les affaires courantes, il faut hybrider les systèmes, à l’image des voitures à deux moteurs (à explosion et électrique).

Diversité

Parmi les éléments concourant à la mise en place d’une gouvernance renouvelée et performante, il y a la diversité. Plus de femmes dans les conseils d’administration, voilà une clé pour rendre l’entreprise plus pérenne. Car une femme – dit-on – prend moins de risque qu’un homme, et n’a pas l’esprit focalisé sur le seul aspect financier des choses. Comparativement aux autres pays, nous n’avons pas à rougir, nous Français, sur cette question. La France est le troisième pays ayant le plus de femmes dans les instances de direction (le premier est la Norvège). Mais nous pouvons et devons faire mieux.

Ethique et sens

Pour rendre tout cela possible, pour faire tenir tout cela ensemble, il faut un principe supérieur qui permettant à chaque salarié de trouver un sens à leur engagement. En 2030, il ne sera plus possible pour une entreprise de se passer de vision stratégique et de raison d’être. Et c’est le rôle du dirigeant que de créer et de faire vivre tout cela. Il doit être le garant du projet collectif. Projet aux multiples facettes, parmi lesquelles l’économique. L’économique est un moyen pour l’entreprise, non sa finalité. Là aussi, la métaphore de la voiture est simple et opérante. La voiture a besoin de carburant, mais ce n’est pas le carburant qui décide de la destination… La gouvernance des entreprises de demain doit poser en son cœur trois exigences conjointes et indissociables. Ce sont les trois P : Profit, People, Planet. Un message auquel ne peut qu’acquiescer le CJD, l’un des nombreux partenaires de cet événement, à l’origine de la notion de « performance globale ».



[1] Les jeunes étaient à l’honneur lors de cet événement. Après avoir étudié de nombreux dossiers, ils ont récompensé l’entreprise Handishare pour son impact sur son environnement. Cette entreprise basée à Lyon s’efforce de changer notre regard sur les personnes handicapées. Elle démontre au quotidien à ses clients que le handicap ne s’oppose pas à la compétence et à la performance, et qu’il n’est pas réductible à l’assistanat. Plus d’informations sur www.handishare.com


Antoine Lefranc
Le 30-11-2017
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