Novembre 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Et si nous commencions par nous dire que nous allons y arriver ?

TRIBUNE - « Oser agir » : tel est notre mot d’ordre, au quotidien, au sein de SNCF au Féminin*. Mais si relever le défi de la mixité et de l’émergence d’une véritable organisation du travail inclusive qui ne laisse personne de côté ne peut se faire sans élan collectif, cela passe aussi et surtout par des actions individuelles, rendues possibles grâce à nos histoires, nos vécus, nos expériences. Par les décisions que l’on prend lorsque l’on relève tous ces défis quotidiens, lorsqu’on s’engage dans l’action plutôt que de simplement rester sur la ligne de départ.

Cette question à laquelle nous réfléchissons collectivement s’est posée en des termes plus personnels il y a quelques semaines, quand j’ai reçu l’invitation à parler au Women’s Forum #WFGM17 . D’abord immensément flattée, j’ai rapidement basculé dans l’angoisse : serai-je à la hauteur d’un événement d’envergure internationale, sur la scène d’une plénière, en anglais, au milieu de femmes aux parcours forcément bien plus inspirants que le mien ?

Heureusement, un petit côté inconscient m’a fait accepter avant même d’avoir bien compris le déroulé exact de l’intervention. Jusqu’au bout, j’ai oscillé entre l’excitation et la peur de me ridiculiser devant 1400 personnes. Pourtant, dans le fond, je me réjouis d’avoir dit oui. Non seulement parce que ce genre d’occasions ne se présente qu’une fois dans la vie, mais aussi parce que je sais qu’oser relever ce défi m’a permis de progresser. Ma réserve ou les accents franco-italiens de mon anglais n’ont été qu’un obstacle, un plafond de verre à franchir.

Une décision inspirée

Dans le cadre de mes activités, je rencontre régulièrement des femmes dont le parcours illustre cette façon dont on peut élargir notre champ des possibles dès lors que nous avons l’audace d’entreprendre.

En début d’année, j’ai par exemple croisé une conductrice de train qui venait de boucler, avec succès, la formation TGV. Mère de cinq enfants, elle expliquait comment elle avait pris la décision de franchir ce tournant dans sa carrière après avoir passé quinze ans à conduire des trains de fret à travers toute la France. Pour elle, avec le recul, s’attaquer à ce défi paraissait naturel, comme si le fait d’avoir réussi avait gommé les sacrifices importants consentis pour y parvenir.

Et si, pour oser, il fallait commencer par regarder au loin vers l’objectif avant de baisser les yeux vers les difficultés qui se présentent sur le chemin ?

Un entourage éclairant

« Qu’est-ce que je veux vraiment ? », ou plutôt : « A quoi ne suis-je pas prête à renoncer ? » sont peut-être les questions auxquelles nous devrions tenter de répondre, pour ensuite trouver l’assurance de s’engager dans une direction adaptée à nos valeurs ou à nos aspirations profondes.

Quand le défi est posé dans ces termes, avec un optimisme raisonnable et une certaine lucidité quant à ses talents, ses forces et ses lacunes à combler, la résolution n’est plus qu’une affaire de moyens : de la préparation, du temps, de l’entraînement, sans oublier le soutien de son entourage. Le reste ne nous appartient pas nécessairement, mais ce moment, ce déclic, ce mouvement vers l’avant : il nous est propre. Non ?

Ces quelques minutes au Women’s Forum #WFGM17 signifient donc beaucoup au regard de mes engagements et de mes convictions. J’ai travaillé d’arrache-pied à cette intervention. J’ai reçu l’aide de Kelly, une collègue australienne dont les idées neuves et l’ouverture d’esprit m’ont été d’une grande inspiration. J’ai dégagé les créneaux nécessaires pour répéter mon texte et dérouiller mon anglais. J’ai même pris rendez-vous chez le coiffeur, alors que, dans le fond, j’ai horreur de ça !

Quelques minutes avant de monter sur scène, je n’étais toujours pas convaincue d’avoir fait le bon choix. Jusqu’au dernier moment, la petite voix du doute m’a rappelé que j’aurais pu décliner cette invitation, m’éviter tous ces efforts et cette angoisse.

Mais, en renonçant, j’aurais aussi manqué une belle occasion d’agir. J’aurais manqué une belle occasion de me laisser porter par les exemples de toutes ces femmes que je croise et qui m’inspirent. J’aurais manqué une belle occasion d’être moi.


Francesca Aceto est présidente de SNCF au féminin, un réseau voué à la stimulation des carrières féminines au sein de l’entreprise mais aussi un réseau qui entend prendre sa pleine part aux affaires de l’entreprise et au mouvement de transformations dans lequel elle est engagée.


Francesca Aceto
Le 11-10-2017
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