Juin 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


« Nous devrions accueillir le modèle français de protection sociale comme une ressource »

Le Centre des Jeunes Dirigeants d’entreprise réfléchit, travaille et agit depuis 1938 pour mettre l’économie au service de l’Homme. A ce titre il a toujours veillé à accompagner ses adhérents pour faire de la première ressource de son entreprise, les hommes et femmes qui y travaillent. Faire du capital humain la première ressource de l’entreprise est plus que jamais d’actualité en 2017. La protection sociale « à la française » devrait être un support pour mener à bien cette ambition, malheureusement la réalité est parfois différente.

Le Lab Social : Quel est selon vous le rôle de l’entrepreneur et de l’entreprise dans la protection sociale de ses salariés ?

Olivier de Pembroke, Président du CJD : Le rôle de l’entreprise et de l’entrepreneur est multiple et complexe dans la protection sociale de ses salariés. Aujourd’hui l’enjeu reste, malheureusement, essentiellement financier, que ce soit au travers des charges salariales, patronales ou la mise en place des mutuelles obligatoires. L’entrepreneur n’a que peu de moyens à sa disposition pour jouer un vrai rôle stratégique d’accompagnement, d’encadrement et de sensibilisation sur notre modèle. Celui-ci a des limites mais possède aussi de belles vertus souvent étouffées par le manque de transparence, la complexité à comprendre ou tout simplement le manque de confiance entre institutions et entreprises. Nous avons pourtant tous un réel enjeu à le préserver : dans nos environnements proches, des collaborateurs, des amis ou de la famille utilisent celui-ci pour pouvoir continuer à vivre, voire parfois à survivre.

Le Lab Social : Quel est le point de vue des jeunes entrepreneurs sur les opportunités et contraintes de notre modèle français de protection sociale pour la gestion et la croissance de leurs structures ?

Olivier de Pembroke :Nous devrions accueillir le modèle français de protection sociale comme une ressource pour mettre en place un éco-système humain et durable. Malheureusement souvent les contraintes prennent le pas sur les opportunités et nous subissons ce système plus que nous le désirons. Chaque avancée est souvent accompagnée de contraintes supplémentaires de peur que le dispositif ne devienne trop profitable. L’effet recherché n’est alors plus atteint, au contraire, cela renforce un climat de défiance. Nous, chefs d’entreprise du CJD, consacrons énormément de temps à instaurer un climat de confiance au sein de nos organisations et nous essayons de respecter la dignité humaine en considérant que l’Homme est bon. Notre philosophie est de faire confiance plutôt que de contraindre en craignant la fraude, le vol ou toute autre idée négative. Mais en matière de protection sociale nous rencontrons souvent une vision contraire, la mise en place des mutuelles obligatoires en fut un parfait exemple : plutôt que d’offrir de la liberté nous avons contraint un système, parfois au détriment des salariés.

Le Lab Social : Quel est selon vous le modèle de protection sociale à développer : un modèle davantage curatif ou préventif ? Comment aller davantage vers ce système ? Quelles sont les mesures à prendre selon vous ?

Olivier de Pembroke :Avant de développer un modèle préventif, qui serait nécessaire, il va falloir recréer les conditions du succès. Réinstaurer un climat de confiance entre tous les acteurs nous parait être la première étape. La seconde étape sera de doter les entreprises, toutes les entreprises d’outils adaptés. Car si le modèle peut aujourd’hui être adapté pour de grandes entreprises, il est extrêmement contraignant pour les PME/TPE. Or celles-ci représentent plus de 90% des entreprises en France et près de 75% de l’emploi. Il faudra peut-être différencier la notion d’équité et de justice, ce qui est équitable n’est pas toujours juste. Il faudra surement dans les années à venir avoir un modèle de protection sociale adaptée à la taille de l’entreprise pour qu’enfin le chef d’entreprise puisse se reposer sur ce dispositif pour construire une organisation plus humaine, pérenne et harmonieuse.

Le lab social
Le 14-06-2017
Imprimer Twitter Facebook LinkedIn
Laisser un commentaire
E-mail :
Confirmation :
Pseudo :
Commentaires :
Code de sécurité :
Powered by Walabiz