Septembre 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Reprendre l'affaire familiale : l'histoire du parc de Courzieu

Il y a cinq ans, Charlotte Vidal a choisi de reprendre avec son cousin l’affaire familiale. Et quelle affaire, puis qu’il s’agit du parc de Courzieu dans le Rhône ! Un espace ouvert au public qui fait cohabiter loups et rapaces. Et pourtant, se lancer dans cette aventure n’allait pas de soi.

Il y a quelques années déjà, les fondateurs du parc de Courzieu – le père et l’oncle de Charlotte Vidal – avaient déjà demandé à leurs quatre enfants s’ils souhaitaient leur succéder. Refus. Ceux-ci avaient déjà leurs vies, et d’autres envies… qui ne coïncidaient pas forcément avec l’aventure entrepreneuriale proposée. D’autant plus qu’ils n’avaient pas été élevés avec pour horizon indépassable la reprise de l’affaire familiale, comme c’est parfois le cas. Non, rien de tout cela. Charlotte évolue à cette époque dans le monde de la communication et du marketing en tant que directrice de marques de chasse et de sportwear. La proposition qui lui est offerte ne la séduit pas. Pas encore…

Reprendre ou laisser reprendre

Car quand les « pères fondateurs » reviennent à la charge quelques mois après, la situation a quelque peu évolué. Ils ont en effet entre les mains une proposition de rachat. Une seconde et dernière chance est donnée aux enfants par leurs parents : reprendre ou laisser reprendre. C’est maintenant ou jamais. Les quatre enfants, au pied du mur, se reposent alors la question.« Le fait de savoir que quelqu’un était sur le point de racheter le parc a changé la donne. Il n’était pas concevable que cette entreprise vienne prendre ce que nos parents avaient construit de leurs mains. Il n’était pas concevable qu’elle passe entre d’autres mains. Nous avons alors demandé à nos parents de nous laisser quelques mois pour réfléchir. »

Et puis la décision est prise. Charlotte Vidal et son cousin Pierre Peyron élaborent un projet qui respecte les valeurs de leurs parents et l’esprit que ces derniers ont voulu transmettre à ce lieu : informer pour mieux protéger, donner à comprendre et respecter la nature proche et enfin valoriser le patrimoine naturel des Monts du Lyonnais. « C’était très clair pour nous : nous ne voulions pas que le parc devienne une sorte de Disneyland ».

Complémentarité

Pierre Peyron possède une formation de charpentier et est alors chef de chantier. Sa compétence technique est indispensable. Charlotte, qui avait déjà fait ses armes dans le secteur du tourisme, apporte sa dimension commerciale. Une belle complémentarité qui sert le projet familial de reprise.« Nous reprenons chacun dans les pas de nos pères. Nous sommes en phase de reconstruction dans le parc. Nous avons déjà réussi à bien restructurer et moderniser. Les systèmes de gestion étaient en effet artisanaux. Nous avons également réorganisé la structure salariale du parc, en constituant nos propres équipes. Cela a été bénéfique puisque le chiffre d’affaires est passé de 620 000 euros avant la reprise à 850 000 euros. » Prochaine étape : sans doute la surface dédiée à la restauration, obsolète et en sous-capacité, qui va être agrandie.

Une offre plus dense

Des projets de développement sont en cours d’élaboration. Ils s’appuient sur une diversification de l’offre et sur un allongement de la saisonnalité. Saisonnalité d’abord, puisque l’objectif est à terme d’ouvrir toute l’année et non plus neuf mois comme c’est actuellement le cas. Diversification ensuite, avec pour ambition de faire revenir les visiteurs en proposant régulièrement de nouvelles rencontres animalières.« Notre objectif est de créer des événements nouveaux tout au long de l’année, événements basés sur l’animal, la nature et l’interaction avec l’homme. »Mais les projets ne s’arrêtent pas là. La diversification des activités du parc s’appuiera prochainement sur une offre permettant de travailler certaines thématiques, notamment auprès des scolaires. Le parc va s’ouvrir également aux entreprises en proposant des espaces de séminaires. Et pourquoi ne pas donner l’opportunité aux visiteurs de dormir sur place, dans ce cadre verdoyant, tout près des loups ? A suivre…


Antoine Lefranc
Le 7-06-2017
Imprimer Twitter Facebook LinkedIn
Laisser un commentaire
E-mail :
Confirmation :
Pseudo :
Commentaires :
Code de sécurité :
Powered by Walabiz