Août 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Ouvrir sa gouvernance vers l'externe, une opportunité pour les entreprises familiales ?

Trois questions à Alexandra Droullé, Partner chez Eurosearch & Associés, sur l’ouverture de la gouvernance des entreprises familiales à l’externe.

Pourquoi les entreprises familiales ouvrent-elles leur gouvernance à l’externe selon vous ?

L’ouverture de la gouvernance à l’externe peut répondre à plusieurs besoins : ouvrir son capital, développer un secteur d’activité, gérer un projet, s’implanter géographiquement, etc. Cette transformation du business model de l’entreprise familiale demande de mobiliser des compétences qui ne sont pas toujours disponibles en interne. A titre d’exemple, dans un contexte économique mondialisé et concurrentiel, l’entreprise peut être amenée à s’internationaliser afin de continuer à se développer et rester compétitive. Le développement de l’activité dans une nouvelle zone géographique exige une connaissance fine du secteur et un accompagnement renforcé pour garantir le succès de l’entreprise. Un autre exemple que nous rencontrons de plus en plus souvent est le besoin qu’ont les entreprises de se digitaliser pour conquérir de nouveaux clients et parts de marché, ce qui requiert une vision claire de cet enjeu et des compétences spécifiques. Enfin lorsque l’entreprise croit et grandit, elle peut avoir besoin de nouvelles compétences pour l’aider à se structurer afin de se mettre à niveau et franchir l’étape avec succès ! Dans toutes ces situations, ouvrir sa gouvernance à l’externe doit être une solution envisagée, car elle se révèle souvent un facteur décisif dans le franchissement d’un nouveau palier.


Quels avantages présente le recrutement d’un dirigeant externe pour l’entreprise familiale et quel profil privilégier ?

Grâce à son expérience, le dirigeant externe apporte un œil neuf et expérimenté sur la structure de l’organisation. Ayant très souvent officié dans de grands groupes et à des postes à responsabilité, il peut aider l’entreprise familiale à renforcer la maturité managériale de certains de ses métiers : finances, systèmes d’information, logistique. De la même manière, l’entreprise familiale peut avoir le désir de se développer sur un de ses secteurs d’activités, le dirigeant externe rassure alors par sa connaissance du secteur, sur les étapes clés à respecter, et offre une garantie dans la bonne mise en œuvre du projet. D’une très grande opérationnalité, il accompagne l’entreprise dans le développement et l’optimisation de ses compétences. L’intégration du dirigeant externe au sein de l’entreprise familiale marchera à condition qu’il soit simple dans son rapport à l’entreprise, qu’il évite toute attitude de donneur de leçon. Car le choix du dirigeant externe repose aussi bien sur des critères de compétences — les fonctions qu’il a pu exercer au sein des grands groupes — que de personnalité. Il doit à la fois faire preuve d’une certaine humilité : les perspectives d’évolution et les ouvertures au capital sont plus rares dans les entreprises familiales, mais aussi d’un pouvoir de conviction et d’un certain sens du relationnel afin de garantir le succès de l’entreprise. En effet, le dirigeant externe doit pouvoir s’adapter très vite aux règles familiales tout en faisant usage de suffisamment de finesse et de diplomatie pour faire accepter les projets qu’il propose, et faire monter ainsi en compétences l’entreprise.


Quel rôle peut jouer le dirigeant externe dans la préparation de la future génération au sein de l’entreprise familiale ?

Au cours de la transmission de l’entreprise d’une génération à une autre, assurer la pérennité sur le plan managérial est vital. Le jeune dirigeant même s’il est désigné comme l’héritier de l’entreprise n’est pas toujours suffisamment formé et prêt pour reprendre au pied levé l’affaire familiale. Il va devoir acquérir une certaine légitimité durant ce que l’on pourrait appeler un « parcours d’apprentissage ». Parcours au cours duquel il acquiert une connaissance fine des rouages de l’entreprise en menant à bien des projets précis à des postes stratégiques : finances, gestion de projet, développement du e-commerce, export, etc. Pendant cette période, il a besoin de s’entourer de compétences solides pour assurer l’avenir de la société. La réussite de sa collaboration avec le dirigeant externe dépend alors beaucoup de la relation de confiance qu’ils arriveront à créer. Définir de façon claire le rôle dévolu à chacun tout en travaillant en bonne intelligence permet de garantir une autonomie indispensable pour mener à bien les différentes missions confiées.

La rédaction
Le 4-08-2017
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