Octobre 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Entreprendre et s’engager : les 4 points communs

Envisager la posture entrepreneuriale à l’aune d’une démarche d’engagement ? Et pourquoi pas. Car entre l’acte d’entreprendre et le credo bénévole, les zones de résonances sont nombreuses.

1 Faire valoir un système de valeur

L’engagement, tout comme la démarche entrepreneuriale, sont indissociables de la capacité de faire des choix, de décider.Etpar principe, une décision engage. Au-delà des registres rationnels et émotionnels, elle met en branle le système de valeurs de celui qui la prend. Dans l’enceinte de l’entreprise, cette collision peut générer une réaction, plutôt inconsciente, de fermeture : “Je refuse cette immixtion de la morale individuelle dans le registre professionnel”. Nous vivons tous sous l’effet de messages contraignants, qui remontent en grande partie à l’enfance (“Sois le premier”, “Fais des efforts”, “Fais plaisir”…) et qui trouvent un écho décuplé dans la projection entrepreneuriale. Or, ces messages empêchent le système de valeur de s’épanouir. Pour prendre une décision qui fasse sens, il faut prendre conscience de ces messages et les transcender, pour mieux s’approprier ses propres valeurs. Et c’est là l’une des vertus d’une démarche d’engagement : en résonnance immédiate avec notre socle référentiel intime, elle permet de déverrouiller plus facilement notre registre de valeurs.


2 Poser la question du sens

L’entreprise ne se limite pas la définition qu’en donne le Code Civil : se rassembler en vue de partager des bénéfices. Elle est le moyen de disposer de ressources mais aussi l'expression d'une quête de sens. Si l’écologie, l'investissement durable et responsable sont autant de références tangibles pour tout entrepreneur, elles projettent aussi les enjeux économiques dans une perspective de long terme.L'acte d'entreprendre nécessite des arbitrages qui, loin de mettre à distance le réel, obligent au discernement. Ce discernement repose sur une vision de l'avenir de l’entreprise, un avenir tendant vers le souhaitable dans une nécessaire tension avec le possible. Ne sommes-nous pas ici au cœur de la question du sens, qui régit naturellement la démarche d’engagement bénévole et/ou associatif et/ou politique ?


3 Inspirer et fédérer

L’engagement altruiste suscite toujours curiosité et respect, voire admiration. Le bénévole, dès lors que son engagement dépasse le simple don pécuniaire, fait généralement figure de modèle. Et, tout comme l’engagement transcende les premiers cercles de sociabilité (famille, amis, travail), cette dimension d’exemplarité prend vite une portée référentielle. S’engager, c’est savoir faire preuve de responsabilité. En l’occurrence, pour un entrepreneur, cette responsabilisation “déteint” très vite, captée, puis appropriée par le collectif. Nombre d’entrepreneurs engagés dans une action philanthropique ou sociale constatent à quel point leur engagement, dès lors qu’il est public, a minima connu, génère un effet levier d’inspiration, de mobilisation et de fédération auprès des collaborateurs.


4 Agir pour l’intérêt collectif

Les choix d’un entrepreneur sont fondamentalement des choix contextualisés. Par des enjeux économiques, par des évolutions technologiques, voire par des situations géopolitiques. Lorsque qu’un dirigeant doit prendre une décision lourde d’enjeux, le poids de l’environnement (structure, organisation, parties prenantes) sur le cheminement décisionnel est déterminant. Dans une démarche d’engagement associatif, cette pression contextuelle se manifeste par définition de manière permanente. Être bénévole au sein d’une association, c’est s’en remettre totalement à l’intérêt du collectif. En s’engageant, on se place “au service de” : d’une structure, d’une équipe, d’un objet social.

Pour l’entrepreneur ou le dirigeant, il ne s’agit pas de fondre le leadership dans le groupe. Tous les managers le disent : il faut au contraire isoler celui qui prend la décision de la structure qui la porte. L’impact négatif des mécanismes collectifs sur la prise de décision est en effet bien connu : stress, agressivité, dilution de l’attention individuelle au profit d’un consensus à tout prix, fut-il absurde. En revanche, s’il ne décide pas avec le collectif, l’entrepreneur sait qu’il décide dans l’intérêt du collectif. Exactement comme le bénévole. Car une entreprise, c’est avant tout un capital humain. Au même titre qu’une association.


Muriel Jaouen
Le 13-02-2017
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