Août 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Une Rencontre du Réseau sous le signe de la gouvernance, de la citoyenneté et des nouvelles technologies

Une rencontre du réseau n’est pas un simple séminaire. On assiste à un séminaire ; on vit une rencontre du réseau. Difficile donc de retracer par un compte-rendu toute la teneur des échanges, rires, réflexions… qu’un tel moment contient. Un moment 100 % CJD, mais ouvert à tout le monde. Voici ici quelques éclats de cette journée en tout point mémorable !

La dernière rencontre du réseau CJD a eu lieu vendredi dernier au palais des congrès d’Issy-les-Moulineaux. Ce rendez-vous biannuel a réuni 600 chefs d’entreprise autour de deux thématiques : la gouvernance et la citoyenneté. Des débats nourris autour de questions dont toutes les réponses ne nous sont pas encore totalement connues : ce qui se fait dans l’entreprise est-il transposable à la Société entière ? Qui décide aujourd’hui et qui décidera demain ? Comment réenchanter la politique et l’entreprise ? Dans quelle mesure le digital peut s’avérer un outil pour cela ?

Entreprise libérée

Réenchanter l’entreprise, c’est le défi relevé par la biscuiterie Poult (800 salariés, 5 sites de production). Une vieille dame qui s’est libérée. Robert Collart, chef happiness officier de l’entreprise, nous conte cette libération. « Nous ne savions pas que nous allions nous libérer, mais un rachetant un concurrent, le PDG a eu l’intuition qu’il ne devait plus diriger l’entreprise comme il le faisait jusqu’à présent ». Les 88 salariés ont construit une vision partagée de l’entreprise. Pourquoi Poult existe ? Que veut devenir Poult ? Quelles sont ses valeurs ? Avec des entretiens en face à face, chaque salarié a pu donner ses réponses. En toute confiance, puisque les binômes de salariés se choisissaient librement. Une démarche qui amène les salariés à retrouver un sens à leur travail.

Connaitre ses salariés

Nous mesurons tous pour la plupart l’importance des données dans le cadre de la relation client : tout savoir de ce dernier afin de le connaître parfaitement et d’anticiper ses besoins. Mais pour les RH, le big data peut s’avérer également fort utile, notamment pour mesurer au plus près le climat social de l’entreprise et engager immédiatement les actions correctrices, le tout sans flicage du salarié. C’est le cas avec jubiwee, une start-up cofondée par Thibaud Martin.« Les entreprises connaissent mieux leurs clients que leurs collaborateurs ». Quand on sait à quel point les seconds sont décisifs pour satisfaire les premiers, quand on connaît le coût du désengagement des salariés dans l’entreprise…

Sécuriser les indépendants

Sergine Dupuy, fondatrice d’un « excubateur » (gestion de start-ups pour autrui), nous alerte alors sur l’ampleur croissante du phénomène des indépendants. Avec Bee Boss, une plateforme collaborative pour auto-entrepreneur, Sergine prend acte de ce phénomène qui chamboule le monde du travail. « Ça existe, c’est massif, c’est incontournable ». Plutôt que de rame contre le courant, peut-être faudrait-il davantage s’interroger sur comment on peut encadrer ce phénomène et sécuriser au mieux les différentes parties prenantes ?

Revoir la chaîne de valeur

Sara Ravella, économiste, vient ponctuer la matinée. Pour elle, l’ubérisation n’est qu’un nouveau mot pour rendre compte d’une réalité qui était présente depuis longtemps. Le partage existait déjà, mais le digital offre une caisse de résonnance extraordinaire. Les nouvelles technologies et l’ubérisation nous obligent à revoir la chaîne de valeur de l’entreprise, « à devenir local sur chaque marché », développer une expertise, un service autour du produit. De nouveaux métiers émergent, mettant fin aux rentes existantes.

Complicité / Complexité

En début d’après-midi, pas de temps pour la sieste. C’est le philosophe Vincent Cespedes qui a énergiquement bousculé l’assemblée. « Si nous voulons faire avancer l’état du monde, il faut se connaître soi-même, accepter sa part d’ombre, l’assumer ». C’est d’autant plus important pour un dirigeant. Cette part d’ombre, plus on la cache, plus elle revient au galop. Et d’inviter à une révolution du faire avec ce que je suis et ce que les collaborateurs sont. C’est ainsi que peuvent sauter les verrous de la citoyenneté, qui nous empêchent de faire du nous. Et de conclure :« plus le monde est complexe, plus il faut travailler sur la complicité »

Procès des civic tech

Décalé… On se serait cru au tribunal des flagrants délires. Mais c’était en fait le procès des civic tech auquel nous assistions, dans le cadre du tribunal pour les générations futures. En partenariat avec Usbek et Rica, les participants ont pu s’interroger sur les civic tech. Utiles ou « bullshit » ? De grands témoins se sont exprimés à charge et à décharge, le tout sous le coup de crayon acéré de la dessinatrice Coco.

Au final, une journée sans temps morts, menée de main de maître par toute l’équipe du CJD. Des intervenants qui nous ont ouvert les yeux sur le monde qui vient. Du rire ! Et de l’engagement… Un avant-goût de la rencontre du réseau de mars, qui, sur cette thématique de l’engagement, promet de belles surprises...

La rédaction
Le 12-12-2016
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