Octobre 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Intelligence Artificielle + Blockchain = Transformation de la société

La 4° Révolution industrielle ? D’abord des millions d’emplois remplacés par des robots et des programmes...

Mes partenaires de WorldCrunch, qui ont des yeux qui traînent partout, me signalent une conférence qui s’est tenue à Kiev en Ukraine, le 20 mai dernier. On y a entendu un jeune animateur de start-ups local, Maxim Orlovsky, expliquer pourquoi, à son avis, l’avenir appartient à ceux qui sauront faire converger les technologies de l’intelligence artificielle et le système de la blockchain. Et de citer la décision récente d’IBM d’ajouter la technologie blockchain à sa plate-forme d’Intelligence Artificielle Watson. Il s’agit, selon Orlovsky, de « rendre plus sûr l’internet des objets ».

Mais d’abord un mot sur la blockchain. Il s’agit d’une technologie permettant des échanges d’informations entre des utilisateurs sans intermédiaires, sans cœur de système. Maxim Orlovsky parle d’un « ledger », c’est-à-dire d’un grand livre, ou mieux d’un grand registre, où est conservée la trace de tous les échanges, de toutes les transactions qui ont déjà effectué entre les membres du réseau depuis sa création. L’avantage, c’est que c’est infalsifiable et à l’abri des hackers : puisque le registre est décentralisé, stocké sur les serveurs des utilisateurs, il est impossible de le pirater. Tout est vérifié en permanence par tous les utilisateurs. Si je ne suis pas assez clair, allez voir le site blockchainfrance.net, où tout est fort bien expliqué.

Pas un hasard si l’économiste français le plus cité sur le sujet, Philippe Herlin, est un spécialiste du bitcoin : le bitcoin est, en effet, l’exemple le plus parlant et le plus connu de ce qu’est une blockchain. Mais des retombées sont attendues très vite et dans de nombreux domaines : la banque, les assurances, les données médicales, les brevets. C’est ce qui amène Philippe Herlin à voir en cette technologie « l’ubérisation ultime ».

Maxim Orlovsky, pour en revenir à lui explique ainsi que les blockchains, comme tout système à agents multiples, créent un environnement concurrentiel qui peut tester l’efficacité d’une intelligence artificielle. De son côté, celle-ci a besoin d’algorithmes qui soient également interprétés par tous les membres d’un système, quelles que puissent être leurs divergences d’intérêt. Or, la blockchain procure de tels algorithmes ».

Aux Japonais, l’intelligence artificielle apparaît, figurez-vous, comme une alternative à l’immigration. A l’été 2013, le Premier ministre Shinzo Abe avait lancé un débat : le Japon, à la population vieillissante (un quart des Japonais ont plus de 65 ans) doit-il rompre avec son refus traditionnel d’accueillir des immigrants ? La crise migratoire en Europe a fait pencher l’opinion vers un refus d’une telle ouverture. Le ministère de la Santé et du Travail estime que, dans ce cas, le pays va devoir trouver rapidement des solutions pour la prise en charge de la partie dépendante de sa population. Il compte pour ce faire sur des robots équipés d’intelligence artificielle.

Toyota annonce qu’il va consacrer un milliard de dollars en 5 ans dans la recherche en intelligence artificielle. En collaboration avec une start-up, Preferred Networks, le constructeur travaille actuellement sur une technologie de véhicules autopilotés et programmés de manière à s’éviter mutuellement.

Dans ce pays, un ancien président de la Société japonaise d’astronomie, Takuya Matsuda, fait un best-seller avec un livre annonçant la Singularité technologique pour le milieu de la décennie 2040. Et il juge cette perspective très inquiétante, à la lumière des expériences historiques de ce son pays. En cas de guerre entre deux pays, menée, forcément pas les Intelligences artificielles de chacun d’entre eux, prévoit-il, on peut fort bien imaginer que ces systèmes, observant que ce sont les humains qui sont la cause des conflits, décident, de manière parfaitement rationnelle, de les éliminer… Après tout, fait-il remarquer, c’est ce qui est arrivé au Japon lorsque les samouraïs, réalisant qu’ils détenaient la force, se sont retournés contre les seigneurs qui les employaient et ont pris le pouvoir au Japon… L’article figure en anglais sur le site WorldCrunch.

En portugais, vous y trouverez une étude, publiée par le quotidien Publico signé Filipe Duarte Santos, consacré à la 4° révolution industrielle. Duarte Santos est un universitaire réputé, professeur de physique. Il s’indigne qu’on présente comme une bénédiction une mutation de notre économie qui va d’abord se traduire, prévient-il, par une mise au chômage de millions de travailleurs.

Cette 4° révolution sera portée par l’intelligence artificielle et la robotique, mais aussi le Big Data, l’internet des objets, les imprimantes 3D, la blockchain, les nanotechnologies, le génie génétique et l’agriculture de précision. Le discours des responsables économiques et politiques est d’un optimisme incompréhensible, explique-t-il. On présente ces mutations porteuses de ruptures comme inéluctables, sans se préoccuper suffisamment de leurs répercussions sociales. Car elles vont aboutir à creuser les inégalités de revenus qui existe déjà entre la petite frange de la classe créative qui chevauche allègrement ces nouveautés et l’immense masse des employés des secteurs où – je cite – « la combinaison de la robotique avec l’intelligence artificielle, qui permet aux robots de s’adapter et de réagir à leur environnement va remplacer un grand nombre d’emplois et, finalement, va transformer la société. »


À l’affût des nouvelles parutions sur les 5 continents, livres, revues, articles, imprimés ou numériques, Brice Couturier lit pour vous, avec l’appétit qui le caractérise, tout ce qui lui passe par la main et vous en propose la synthèse. Le Tour du monde des idées, c'est tous les jours à 11h50 sur France Culture.

Brice Couturier
Le 27-01-2017
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