Avril 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


La dangereuse exponentialité des start-ups

TRIBUNE - Les « folles » valorisations des start up, leurs levées de fonds record, impressionnent et donnent parfois le vertige. Elles se justifient pourtant facilement, si l'on décide de privilégier l'influence sur un marché, avant la rentabilité à moyen terme.


On définit une start-up par sa propension à trouver — par la technologie — des leviers de croissances extrêmement viraux. Une start-up recherche donc par essence, le maximum de rentabilité pour un minimum de ressources.

La viralité est constamment recherchée, et elle est plus que jamais possible. A l’instar de plateforme communautaire ou de marketplace, comme Amazon, Blablacar ou Uber, plus de chauffeurs/professionnels amènent plus de clients ou utilisateurs, qui amènent à leur tour plus de professionnels, pour plus d’offres, donc plus de demandes, etc. Une fois que ce cercle vertueux est enclenché, il devient presque impossible pour des entreprises concurrentes de rattraper leur retard.

C’est à ce moment même, lorsque l’entreprise acquiert cette position de leader, que le modèle devient en partie dangereux, puisqu’elles éliminent toute concurrence directe.

Mathématiquement, sur un même marché, l’exponentiel n’a de place que pour un. C’est cette même exponentialité qui explique les valorisations « folles » des start-ups, si on les confronte à leurs revenus.

Pour Uber, 600 millions de revenus, pour une valorisation de 66 milliards, et ce ratio de 1 pour 100 se vérifie dans de nombreuses start-ups en pleine croissance !

Si on compare leur levée de fonds et leur valorisation à leur avantage concurrentiel en revanche, ces chiffres deviennent beaucoup plus raisonnables. Elles ont acquis une position, qui, même avec de faibles revenus, est presque impossible à reprendre.

Il devient alors criant que le linéaire de l’économie traditionnelle ne peut rien face à l’exponentiel du digital. Cette même exponentialité justifie de proposer des services avec des marges négatives, à court ou moyen terme, si elles permettent d’atteindre une position dominante à long terme. Ce n’est que seul sur leur marché que le modèle de ces start-ups devient viable.

La seule alternative : investir pour se distinguer, car un retard, surtout dans le digital, ne se rattrape jamais. Il ne peut que se contourner.

Plus d’innovations oui, pour un plus grand nombre certes, mais conçues par un nombre toujours plus restreint d’entreprises et de personnes.





Constantin Wolfrom est co-fondateur de l'application Pumpkin.


Constantin Wolfrom
Le 12-10-2016
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