Juillet 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Avec Lilo, cliquez solidaire !

Nous utilisons tous des moteurs de recherche sans savoir que nous leur faisons gagner en moyenne, via la publicité, 30 euros par an. Multipliés par le nombre d’internautes, les moteurs de recherche brassent des milliards d’euros. Des métamoteurs de recherche récupèrent et redistribuent une partie de cet argent à des causes ou associations qui leur tiennent à cœur. Parmi eux, Lilo.

Accessible au public depuis février 2015, Lilo a été créé par Clément Le Bras, ingénieur de l’école des Mines de Paris et Marc Haussaire, ingénieur en informatique.«Au cours de mes études explique Clément Le Bras, j’ai travaillé pendant un an dans une ONG à Madagascar et fait de l’entrepreneuriat social au Cambodge. Cette sensibilité, associée à ma volonté d’entreprendre et aux compétences de Marc Haussaire, a donné naissance à notre métamoteur de recherche : Lilo. Concrètement, nous louons les technologies des grands moteurs de recherche (Google, Yahoo et Bing) pour pouvoir les utiliser et offrir à l’internaute la même qualité de service. A chaque recherche faite avec Lilo, l’utilisateur gagne une goutte d’eau qui symbolise l’argent généré par les bandeaux publicitaires, sachant que 1 000 gouttes valent entre 2 et 4 euros en fonction des recherches effectuées. Ensuite, l’internaute quand il le souhaite affecte l’eau accumulée aux projets qu’il veut soutenir, Lilo les transformant alors en dons». Lorsque l’on interroge Clément Le Bras sur le symbole choisi, il raconte la légende amérindienne du colibri.«Dans cette fable, un colibri essaie d’éteindre un incendie en jetant dessus les gouttes d’eau qu’il va chercher. Evidemment, il est la risée des autres animaux qui lui expliquent que ce n’est pas ainsi qu’il parviendra à circonscrire le feu. C’est vrai, leur répond le colibri mais ainsi, je fais ma part. C’est cette idée de faire sa part qui nous a guidés dans cette démarche, ainsi que le désir de rendre aux internautes un peu de pouvoir sur cet argent qu’ils rapportent grâce à la publicité».

Une démarche sociétale et environnementale

Une quarantaine de projets dans les domaines du social, de la santé, de l’environnement et de l’éducation étaient en ligne cet été et plus de 90 000 euros redistribués. Fin 2016 les créateurs espèrent atteindre les 150 000 euros.«Nous recevons, poursuit Clément le Bras, une trentaine de projets par mois. Notre première démarche est de vérifier que celui-ci existe bel et bien car contrairement au crowdfunding classique, nous ne finançons pas les idées. Nous vérifions ensuite l’impact social et environnemental du projet et l’existence effective d’une communauté qui le soutient. Une fois validé par notre équipe, il est mis en ligne et passe alors en phase de sélection par les utilisateurs eux-mêmes. C’est le projet qui aura reçu le plus de soutien de la communauté qui sera appelé à être financé par Lilo».Citons par exemple, l’association Les Petits Princes, Mécénat chirurgie cardiaque, le mouvement des Colibris, ou encore Disco soupe. Lilo compte aujourd’hui plus de 60 000 utilisateurs effectuant près de 9 millions de recherches mensuelles, et en espère à terme, plusieurs centaines de milliers. Facile à installer sur un navigateur, ce métamoteur assure Clément Le Bras, n’entraine la création d’aucun profil, aucune donnée personnelle n’est conservée et les adresses IP sont anonymisées.

Des projets ambitieux

En juillet dernier, associée à Goodeed, une plate-forme sur laquelle les internautes visionnent des vidéos publicitaires dont les revenus sont reversés à des associations caritatives, l’entreprise organisait un Digithon au profit de l’association Les Petits Princes qui réalise les rêves d’enfants et adolescents gravement malades. Une opération qui devrait être reconduite en 2017. Lilo mise également sur l’internationalisation en s’appuyant sur des projets en Espagne ou au Canada et envisage aussi un développement sur mobile, grâce à une application dédiée qui remplacerait le navigateur afin que chacun puisse «faire sa part». Aujourd’hui, si l’on demande à Clément Le Bras ce dont il est le plus fier, il répond sans hésiter la concrétisation de son projet et le fait d’avoir su convaincre autour de lui car, complète-t-il, comme le disait l’artiste autrichien du 20ème siècle, Friedensreich Hundertwasser, si quelqu'un rêve seul, ce n'est qu'un rêve, si plusieurs personnes rêvent ensemble, c'est le début d'une réalité.


http://www.lilo.org/fr/


Isabelle Chatain
Le 11-04-2017
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