Novembre 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Pour un management véritablement à la recherche de la création de valeurs

La culture française n’est pas la culture du risque. Surprotégés par notre système social et la structure de nos institutions, nous limitons souvent nos engagements professionnels. Or, à la vitesse où le monde bouge, ce mode de pensée est risqué !

Je pousse donc un grand coup de gueule, après trente années de voyages à travers le monde, pour interpeller nos managers français sur le manque d’engagement et de prise de décision quotidienne dans leur fonction. Je ne veux pas tomber dans le piège de la critique facile sans fondement, mais attirer l’attention de tout un chacun sur la problématique de notre culture face à ce qui se passe dans le monde d’aujourd’hui.

Je différencie cependant le manager / entrepreneur qui gère au quotidien sa boîte du manager installé dans une société pour laquelle il a été employé et où la bureaucratie a souvent rapidement pris sa place.

Mais voyez plutôt : alors que la France est à la 6e place en tant que puissance économique mondiale (4e en 2005), elle chute au 16e rang pour le PIB par habitant. Au palmarès mondial de la compétitivité, la France ne se situe plus qu’au 18e rang… loin derrière le Danemark, Singapour, l’Islande, Israël ou encore le Canada*. Pis encore, dans un récent rapport**, la Banque Mondiale la crédite pour sa part du 35e rang mondial pour son climat des affaires, derrière Porto Rico et l’Arménie... Incroyable non !.

Alors notre singularité tant aimée ne serait-elle pas en train de se retourner contre nous ? Ne serions-nous pas dans une société sclérosée, uniquement soucieuse de son temps libre avec la défense de ses propres intérêts ?

En reprenant certains paramètres des spécialistes de la culture comme Geert Hofstede, Usunier, Trompenars et j’en passe…, le Français a non seulement une forte aversion à l’incertitude (c’est-à-dire la peur du lendemain, ou encore, un manque d’engagement vers l’incertain), mais aussi, un fort degré de soumission à l’autorité (bien qu’il soit râleur, il attend tout de l’état et de ses institutions).

Ces deux critères culturels montrent clairement que beaucoup de managers limitent leurs engagements dans les décisions et cultivent uniquement leur image et leur lobby vis-à-vis de l’autorité. Ils optent pour un management flou laissant à chacun la responsabilité de sa propre réussite. Ce type de management a l’avantage de ne pas donner de point d’appui sérieux aux subordonnés pour une attaque frontale, mais à vouloir régulièrement se positionner dans les hautes sphères plutôt que d’être avec les hommes et les femmes qu’ils pilotent, les managers organisent des jeux de pouvoir et oublient souvent leur rôle majeur qu’est la création de valeurs.

La création de richesses est l’élément fondamental de toute réussite or, en continuant à jouer ainsi, nous risquons de rester sur le quai de la gare et c’est bien dommage pour un pays qui détient le train le plus rapide du monde !


* Forum économique mondial (Davos),

** Doing Business, International Finance Corporation (groupe Banque mondiale)



Laurent Goulvestre est un facilitateur interculturel. Il intervient en tant que formateur et conseil auprès des PME et des groupes internationaux dans la vente à l’international.


Laurent Goulvestre
Le 26-07-2017
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