Juin 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Vers un avenir sans gaspi ?

Un vitrine "zéro gachis"
En mai 2015, dans le cadre de l’examen du projet de loi sur la transition énergétique, les députés adoptaient, à l’unanimité, des mesures contre le gaspillage alimentaire ; et notamment, l’interdiction pour les distributeurs du secteur, de rendre leurs invendus impropres à la consommation.

Dans quelques mois, moyennes et grandes surfaces devront éviter au maximum de gaspiller en donnant, si nécessaire, leurs invendus à des organisations caritatives, en les réservant à l’alimentation animale, au compost pour l’agriculture, à la valorisation énergétique… Cette lutte contre le gaspillage alimentaire s’apprendra dès l’école, et les entreprises pourront se prévaloir de leurs actions en la matière dans le cadre de leur responsabilité sociale et environnementale. Une prise de conscience qui touche une grande partie de notre continent puisque 2014 avait été décrétée, année de lutte contre le gaspillage alimentaire par le Parlement Européen. Il était temps. En effet, selon la FAO (Food and Agriculture Organization), l’Europe fait partie des régions gaspillant le plus au monde (95 kilos par personne et par an) derrière l’Amérique du Nord et l’Océanie (115 kilos par personne et par an).

Prix cassés

C’est dans ce contexte de gaspillage à grande échelle, que deux frères, deux bretons, ont eu l’idée de créer Zéro-Gâchis une start-up qui référence, via un site Internet et une application mobile gratuite, les produits presque périmés dans les magasins partenaires. Ainsi, le consommateur bénéficie sur ces denrées, de prix cassés de -30 à -70 %. « Lorsque j’étais étudiant, raconte Paul-Adrien Menez co-fondateur de l’entreprise, je cherchais les promos dans ma supérette de quartier faisant “l’admiration” de mon frère qui lui ne savait jamais où aller pour en profiter. D’où notre idée de mettre en relation, acheteurs et vendeurs. » Associés à un ami informaticien, ils lancent « Zéro Gâchis » début 2012. L’entreprise intègre d’abord l’incubateur « Produit en Bretagne » puis quelques mois plus tard à Paris, « Le Camping », l’accélérateur de start-up. Installés ensuite à Nantes, ils commencentà démarcher les grandes surfaces de la région. Avec succès !

Diviser le gaspillage par deux

Le service est gratuit pour l’internaute ; c’est le supermarché qui paie. Le référencement, la mise en ligne sur le site Zéro-Gâchis de la liste des produits frais proches de la date limite de consommation ; la mise en place du rayon zéro-gâchis bien visible et qui rassemble tous les produits bradés et la location de l’appareil permettant d’étiqueter les marchandises. « Nous avons ainsi créé un réseau permettant aux consommateurs de savoir où trouver le produit en date courte qu’il cherche à prix cassé. Et ça marche, poursuit Paul-Adrien Menez. Les pertes sont, au minimum, divisées par deux pour les magasins. » Fin 2015, une centaine de supermarchés devraient être référencés un peu partout en France et aussi à l’étranger. En Belgique d’ores et déjà, et bientôt en Espagne et en Italie.

Un ticket gagnant

« Les retraités, les étudiants, les familles monoparentales, les jeunes travailleurs…. Tous ceux qui ont du mal à boucler leur fin de mois peuvent acheter ces produits à des prix très compétitifs. D’autres, explique Olivier Besset, directeur de l’Intermarché de Nantes Saint-Félix, font des achats d’impulsion et découvrent à moindre coût, des produits qu’ils ne connaissaient pas. » Dans ce magasin nantais, le rayon zéro gâchis a été installé début 2015, et il « cartonne ». Le soir, ses rayonnages sont quasiment vides. « C’est vraiment génial. Cela réduit la casse et s’inscrit dans un mouvement, plus vaste, de prise de conscience de notre société. »

Depuis quelques mois, Zéro-Gachis s’est attelé à un nouveau projet : réduire le gaspillage dans les restaurants universitaires. La société a développé une application WhatTheFood actuellement testée par les étudiants dans trois restaurants universitaires parisiens. Une mobilisation nationale, puisque depuis 2013, le 16 octobre est dans notre pays, la journée nationale de lutte contre ce fléau.


Isabelle Chatain
Le 15-06-2016
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