Octobre 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Des ambitions de transformation sociale

GNIAC – Groupement national des initiatives et des acteurs citoyens – est né en février 2014 sur l’impulsion de Thierry du Bouëtiez, haut fonctionnaire. Près de deux ans après son lancement, ce réseau informel regroupe 300 personnes environ.

« J’ai eu l’idée de créer GNIAC lorsque j’étais au cabinet de François Lamy, alors ministre de la Ville, dit Thierry du Bouëtiez. Et j’y faisais le constat du décalage de plus en plus criant entre les grandes réformes mises en place par la sphère administrative et politique, reformes déconnectée du réel, et les initiatives portées par le terrain c’est-à-dire les associations et les entreprises notamment ». Sauf que ce constat en appelle un autre : lesdites initiatives sont éparpillées, y compris sur un même territoire, et du coup ne pèsent pas suffisamment pour impacter les politiques publiques.

Tous des faizeux

Pour y remédier, Thierry du Bouëtiez lance GNIAC avec une vingtaine de personnes. Objectif : « valoriser ces initiatives, favoriser leur mise en réseau et mener une réflexion commune sur ce qui ne fonctionne pas. Le tout en réunissant des opérationnels. Quelle que soit notre profession, nous sommes tous des “faizeux”, des agissants »,précise Thierry du Bouëtiez, devenu président de l’association GNIAC.

Les faizeux en question sont à 39 % issus du monde associatif, des entrepreneurs (25 %), des cadres de grandes entreprises ou de fondations (15 %), des agents publics (11 %), journalistes et retraités représentant chacun 5 % (chiffres de septembre 2015). La grande majorité vit et travaille en Ile-de-France, mais le groupement commence à s’étendre en régions avec la constitution de réseaux locaux, comme à Bordeaux ou à Lyon.

Des groupes qui mènent différents types d’actions tels que le GAIN, Groupe d’Appui aux INitiatives, qui œuvre pour leur valorisation dans les médias et apporte un soutien pratique aux porteurs de projets. « Si ces derniers rencontrent un problème particulier, nous trouvons au sein du réseau les interlocuteurs ad hoc pour les aider à le résoudre », précise le président. Autre action portée par GNIAC : la mise en place d’un pôle citoyen pour l’emploi en partenariat avec Bleu Blanc Zèbre, le mouvement lancé par Alexandre Jardin qu’il définit lui-même comme un « do-tank ». Les deux entités ont uni leurs forces pour mobiliser de façon coordonnée des acteurs de la société civile engagés dans la lutte pour l’emploi sur un territoire donné afin de mutualiser les meilleures pratiques facilitant la création d’activités, le rapprochement offres-demandes d’emploi et le recrutement des personnes qui en sont éloignées. Ce chantier ambitieux a été lancé en octobre 2015 en Seine-Saint-Denis.

La jeune génération séduite

Enfin, GNIAC a impulsé le lancement d’un collectif d’associations pour la transformation de l’action publique. A ses côtés, on retrouve le Laboratoire de l’innovation publique, la 27e région et Galilée.sp. Elles se sont réunies pour la première fois au Sénat le 13 octobre dernier pour « partager leur volonté commune de travailler à la transformation de l’action publique afin que les fonctionnements administratifs, les modes de management, la création et le pilotage des dispositifs soient davantage ouverts à la concertation, à la co-création, aux partenariats public-privé, mais aussi plus transversaux, plus conviviaux et promoteurs d’initiatives solidaires », précise le fondateur de GNIAC. Encore largement minoritaire au sein de l’administration, l’initiative a le mérite d’interpeller… et de séduire la jeune génération. Baptiste, 24 ans, est membre fondateur de l’Association des étudiants publicistes ; il a fait le déplacement jusqu’au Sénat, car, selon lui, « l’administration a besoin de modernisation, de simplification, d’innovation et d’adaptation aux nouvelles technologies. C’est important de mener une réflexion collective sur les potentiels outils d’amélioration de la fonction publique ».

Impact sociétal

Rassembler, mettre en réseau, valoriser, soutenir… Autant de moteurs qui poussent les « Gniaqueurs » à agir au plus proche du terrain, mais quid de leur impact plus global ? « Bien sûr que nous pouvons aider au changement de la société en permettant la mise en place de politiques publiques plus connectées à la réalité, voire de les co-construire, ce qui engendrerait moins de désaffection par rapport à la politique. Mais, surtout, ce qui fait la force de GNIAC c’est le décloisonnement. Nous sommes le seul réseau réunissant dans la bienveillance et la convivialité un entrepreneur issu de quartiers, un travailleur social, un haut fonctionnaire… Notre motivation, c’est le renouveau de la mobilisation citoyenne et donc le renouveau démocratique », réagit Thierry du Bouëtiez.

Le 14 octobre 2015, une centaine de ces agissants étaient réunis lors de la plénière trimestrielle du mouvement. Au programme : présentation des nouveaux adhérents, partages d’informations sur l’actualité de l’association et de ces différentes actions, et travaux en petits groupes sur : développement territorial et citoyen, innovation dans l’administration et les services, numérique et, enfin, changement d’échelle et financement. Le fondateur commente : « GNIAC ne sera jamais un mouvement populaire comme Bleu Blanc Zèbre : nous sommes un accélérateur et un facilitateur d’initiatives, un outil pour permettre aux acteurs citoyens, aux compétences avérées, de mieux fonctionner ensemble ».


Anne Dhoquois
Le 13-06-2016
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