Mars 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Ecovalim : objectif 0 impact

La transition énergétique dont on nous parle beaucoup ces derniers mois, c’est tout sauf abstrait. Ecovalim est un acteur résolument engagé dans ce changement dont la finalité consiste à lutter contre le réchauffement climatique et à garantir l’habitabilité de notre planète, exsangue après des décennies de développement incontrôlé.

Jean-François Miellet fait partie de ces individus qui ont depuis longtemps compris l’urgence de la situation et qui contribuent, à leur niveau, à inverser cette spirale négative. Issu du monde du transport et de la logistique, ancien directeur régional d’un grand groupe œuvrant dans le secteur du traitement des déchets, il perçoit un jour dans une nouvelle réglementation l’opportunité d’engager le groupe vers un nouveau gisement de croissance. « Le projet était de réorienter les métiers du groupe vers une évolution de la réglementation ».

Objectif 0 impact

Une belle idée dont le groupe pourtant ne tient pas compte, trop absorbé – c’est le cas de le dire — à se faire racheter par un concurrent. Mais qu’importe. Jean-François ne renonce pas et crée sa propre entreprise pour concrétiser son idée. Car c’est bien connu, « on n’arrête pas une idée dont le temps est venu ». Victor Hugo dixit !

Mais cette évolution réglementaire, quelle est-elle ? Et cette idée ? Au premier janvier 2012, tous les producteurs de déchets fermentescibles doivent pouvoir mettre en place des filières de valorisation matière pour retour à la terre. Pour être plus clair, les déchets des restaurants, quels qu’ils soient, doivent pouvoir être collectés et retraités pour n’avoir plus aucun impact négatif sur l’environnement. Jean-François décide de surfer sur cette vague : il opte, avec la création d’Ecovalim, à un projet d’entreprise prônant le retour à la terre par la valorisation énergétique. « Nous essayons de créer de l’énergie avec des matières premières secondaires que nous allons chercher chez les restaurateurs ».

Territorialité, circularité, circuit court

Ainsi, à travers 3000 points de collecte, Ecolvalim récupère les huiles alimentaires usagées pour les retraiter et en faire du biodiesel ou du combustible qui servira à créer de l’énergie. Par exemple, une cuisine centrale délivrant plusieurs points de restauration. Cela nécessite beaucoup d’énergie, notamment pour générer de l’eau chaude. Le défi consiste ici à produire de l’énergie verte, dans une logique d’économie circulaire. Ce modèle repose sur la création de boucles de valeur positives à chaque utilisation ou réutilisation de la matière ou du produit avant destruction finale. Ainsi, l’huile récoltée dans les restaurants va être retraitée puis délivrée sous forme d’énergie. La boucle est bouclée.

Fort de café !

Mais le champ d’intervention de l’entreprise ne s’arrête pas là. Un autre défi a été relevé par notre Midas : transformer le marc de café un charbon actif. Il réussit, mais abandonne rapidement. La cause ? Le charbon actif s’active chimiquement, ce qui nécessite l’usage d’acide phosphorique, un déchet dangereux. Dans sa démarche écoresponsable, Jean-François ne peut tolérer cette « externalité négative ». Il se tourne alors vers l’exploitation du pouvoir calorifique du marc de café, car la substance dégage beaucoup d’énergie quand elle brûle. « Nous avons cherché et trouvé le bon dosage pour que le combustible soit normé et normable. Cela a demandé deux ans de recherche et développement ». Le résultat : des granules et des bûches fabriquées à base de marc de café pour alimenter des chauffages. Et les cendres, qu’est-ce qu’on en fait ? Eh bien Ecovalim s’engage à les racheter, car elles ont une valeur pour l’agronomie… Une démarche on ne peut plus vertueuse : aucune conséquence négative sur l’environnement, même minime… bien au contraire ! Tout doit concourir à la création de valeurs !

Des projets plein les bennes

Mais Ecovalim s’intéresse également aux biodéchets, ceux qu’on laisse dans l’assiette ou qui restent dans les self-services. Ils sont récupérés pour, par méthanisation, en aire de l’électricité ou du biogaz. L’entreprise va se doter à la mi-2016 d’une unité de méthanisation : Methamoly. Elle s’installera dans les Monts du Lyonnais.

Aujourd’hui, Ecovalim c’est 8 salariés, des partenaires dans 5 pays et des projets plein les bennes ! Notamment à l’international, avec la Belgique, l’Italie et l’Espagne. Des projets de développement nécessaire à cet entrepreneur lucide sur les difficultés qui sont les siennes aujourd’hui. La surrèglementation de son métier d’abord. « Pas un jour sans un nouvel article ! » L’attitude des grands groupes de l’environnement enfin, avec des acteurs qui passent plus de temps à détruire les petits qu’à innover. « Sans leur résistance, la transition énergétique aurait déjà été accomplie ».


La rédaction
Le 4-03-2016
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