Septembre 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Pour un renouveau démocratique

Népotisme, corruption, clientélisme, gabegies, démagogie, mépris des électeurs, technocratie, privilèges, impunité, conflit d’intérêts, incompétence… Sans généraliser et tomber dans le « tous pourris » qui nourrit les extrêmes, avouons qu’un vrai problème se pose à nous depuis quelques décennies.


Nous sentons-nous réellement respectés en tant que citoyens ? Et réciproquement, quelle considération avons-nous pour ceux qui nous gouvernent ? Nous vivons selon l’historien et sociologue Pierre Rosanvallon dans une« démocratie de la défiance », dans laquelle être élu ne suffit plus pour bénéficier de la confiance des citoyens. Cette tendance en rejoint une autre : le désir d’une « horizontalisation » du pouvoir. En 1978, le philosophe Michel Foucault avait déjà repéré ce renversement.« Ces dernières années, la société a changé et les individus aussi ; ils sont de plus en plus divers, différents et indépendants. Il y a de plus en plus de catégories de gens qui ne sont pas astreints à la discipline, si bien que nous sommes obligés de penser le développement d’une société sans discipline. La classe dirigeante est toujours imprégnée de l’ancienne technique. Mais il est évident que nous devons nous séparer dans l’avenir de la société de discipline d’aujourd’hui »*. Nous y sommes ! Reste cependant un grand défi à relever : l’invention d’une légitimité qui ne se résumerait pas à du commandement et à de la soumission. Une légitimité nouvelle qui libérerait les individus de toute référence à un principe supérieur (Dieu, l’état, le père, le patron…) et qui permettrait d’obtenir d’eux respect et ordre. Il s’agit ici d’un véritable changement de paradigme sur le plan politique : l’autorité implique une hiérarchie verticale et notre époque souhaite basculer vers un modèle horizontal. Conséquences ? L’autorité doit s’effacer au profit de la concertation, la contrainte au profit du consentement, l’obéissance au profit de l’engagement volontaire. Dans la société en général et l’entreprise en particulier, de nouveaux repères sont à trouver. Les initiatives relatées dans ce dossier ne sont pas une panacée, mais l’ajustement d’une vielle et grande idée – celle de démocratie – aux temps présents. Car c’est le propre de la démocratie que d’être perpétuellement en chantier. Et notre rôle à tous d’en être les gardiens.


* Propos extraits de « La société disciplinaire en crise », une conférence donnée par Michel Foucault le 18 avril 1978 à l’Institut franco-japonais de Kansai, à Kyoto).





Lionel Meneghin
Le 25-01-2016
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