Mai 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Diversité dans l’entreprise : remettre l’ouvrage sur le métier

Il y dix ans, les banlieues s’embrasaient. Les chaînes retransmettaient de véritables scènes de guerre civile, en banlieue bien sûr, mais aussi en centre-ville. L’expression d’un malaise qui, depuis, a malheureusement pris de l’ampleur

C’était en 2005. Une année plus tôt, Françoise Cocuelle accédait à la présidence du CJD. Et en guise de programme pour les deux ans qui l’attendaient, un mot qui laissait ceux qui l’entendaient un peu pantois, et parfois même goguenards : diversité.

Diversité, pour affirmer haut et fort que ceux qui composent l’entreprise, de la base jusqu’au sommet, ne doivent pas sortir du même moule. Que chacun a sa place dans l’entreprise, c’est-à-dire dans la société. Même ceux que l’on qualifie fort pudiquement de « minorités visibles ». Affirmer haut et fort que le plafond de verre qui pèse sur cette « majorité invisible » que constituent les femmes doit éclater une fois pour toutes. Diversité, pour combattre les discriminations quelles qu’elles soient dans l’entreprise : racisme, sexisme, homophobie… Diversité pour ouvrir les yeux des dirigeants sur leurs tendances naturelles à s’entourer de personnes qui leurs ressemblent, c’est-à-dire provenant d’une même origine, ethnique, sociale ou religieuse.

Diversité. En 2015, ce mot mis en avant par la présidente d’une association patronale prit soudain, en l’espace de quelques jours, une dimension incroyable. La réalité qu’on ne voulait pas voir éclatait aux yeux des médias et de la société tout entière. Oui, nos banlieues vont mal. Oui, une partie de notre jeunesse est en colère. Oui, l’école n’a plus les moyens de jouer son rôle. Oui l’entreprise reste impuissante à intégrer pleinement une jeunesse qui se sent abandonnée.

Dix ans plus tard, où en sommes-nous ?

La réponse, nous la connaissons tous. Il y a eu les Trente Glorieuses (1945 – 1973), puis les Trente Piteuses (1973 – 2005). Nous venons de vivre les Dix Tragiques, qui malheureusement courent toujours... Le communautarisme ne cesse de progresser, rendant toujours plus lointain l’idéal d’un modèle de société reposant sur les idées de laïcité, de liberté d’expression, d’égalité des chances, de fraternité…

Une société fragmentée, et dont on peine à trouver le début d’une solution qui permettrait de transcender cette diversité et de la subordonner à un principe supérieur, l’idéal républicain. L’Ecole échoue à transmettre les valeurs de la République, prisonnière de la réalité sociale que nous venons de décrire et d’une idéologie qui postule que le monde d’aujourd’hui est en perpétuel mouvement, et donc que toute transmission ne sert en définitive à rien. L’entreprise doit prendre le relais de l’Ecole pour ce faire. Elle doit être également un creuset de citoyenneté.

Si à partir de 2005, la question de la diversité vue sous son angle « non-discrimination » a trouvé une certaine résonnance dans le monde de l’entreprise, force est de constater qu’aujourd’hui, le soufflé est retombé. Les choses ont avancé, c’est indéniable. Mais insuffisamment, comme l’actualité nous le rappelle amèrement. Il faut remettre l’ouvrage sur le métier et faire de la question du vivre-ensemble la priorité pour nos entreprises… et pour notre société.


La rédaction
Le 6-11-2015
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