Juin 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Climat : que font les PME ?

Du 30 novembre au 11 décembre 2015, la France accueillera la 21e conférence des parties à la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) ou 21 COP. L’objectif ? Parvenir à un accord international sur le climat, applicable dans tous les pays et permettant de limiter le réchauffement climatique mondial en deçà de 2 °C.

A l’issu de ce sommet, des engagements seront-ils conclus ? C’est possible. Et si c’est le cas, ces engagements seront-ils tenus ? Rien n’est moins sûr. Il nous est permis de douter, tant le système de gouvernance climatique mis en place il y a plus de vingt ans semble opaque et totalement déconnecté du monde réel. Un véritable « schisme de réalité »[1].

C’est peut-être pour cette raison qu’en dépit de l’évolution notable des mentalités sur la question du réchauffement climatique, les émissions de CO2 ne cessent d’augmenter. Qu’est-ce qui nous échappe ? Pourquoi tant d’impuissance ? Pourquoi tant de résistances ?

Si la transition énergétique peine à produire les résultats espérés, c’est sans doute parce qu’une autre transition tarde à s’opérer. Il s’agit de la transition démocratique dont le point de départ consiste à répondre à quelques questions simples. Qui décide du devenir de la planète ? Comment les citoyens font entendre leur voix ? Disons-le sans ambages : la transition énergétique ne doit pas être confisquée par les états et les groupes industriels de l’énergie. Ces derniers ont un rôle à jouer, mais les citoyens ne sont pas des impotents politiques.

Fort heureusement, la société civile est déjà à l’œuvre. Elle invente des possibles.« L’espoir se matérialise dans […] toute une série de pratiques qui n’attendent pas la réalisation des prédictions catastrophistes pour en prendre le contre-pied,résume parfaitement le philosophe Pascal Chabot dans son dernier essai[2]. L’espoir s’y incarne dans une praxis. Il n’est pas un désir de salut lointain, ni nostalgie d’un paradis perdu à l’instar des révolutions, mais motivation à l’action locale et concrète ».

Parmi toutes ces pratiques figurent celles des PME qui – on l’oublie trop facilement – appartiennent à ce vaste réseau nommé « société civile ». Les PME sont au cœur du combat contre le réchauffement climatique et sont appelées à l’être davantage encore. Pourquoi ? Parce que si la transition doit aboutir, si nous le désirons[3], à « une production autonome, résiliente, ancrée dans les territoires, et maîtrisable par les entreprises et les populations locales »[4], alors rien ne se fera sans les entreprises de proximité qui bénéficient d’un fort capital de confiance.

Levons ici un coin du voile sur les actions des PME en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Car plutôt qu’espérer d’hypothétiques engagements tombés du sommet, valorisons et encourageons les pratiques émanant de la base.



[1]Selon l’expression forgée par le sociologue Stefan Aykut et l’historienne Amy Dahan.

[2] Pascal Chabot, L’âge des transitions, PUF, 2015.

[3]Pour Pascal Chabot, « la transition, c’est le changement désiré ». La transition s’oppose ainsi au changement subi.

[4]Philippe Bihouix, L’âge des low-tech. Vers une civilisation technologiquement soutenable, Seuil, 2014.


Lionel Meneghin
Le 2-11-2015
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