Juillet 2018


La violence Made in (Air) France

Je suis choqué par la surexposition de toutes les formes de violence qui habille notre actuellement notre quotidien. Violence dans les médias, violence des invectives politiques, violence dans beaucoup de zones du monde, violence dans nos écoles, violence dans les relations sociales au sein de certaines entreprises et j’en oublie. Pourtant, à bien y regarder, la violence est devenue l’apanage d’une minorité visible, parce que médiatisée, et constitue le terreau intellectuel et culturel des extrêmes.

Bien sûr qu’il y a des patrons voyous dont les actes traduisent une certaine forme de violence pour les autres, bien sûr qu’il y a des politiciens révolutionnaires en goguette pour cautionner la violence chez Air France, bien sûr qu’il y a des syndicalistes radicaux qui ne méritent rien d’autre qu’un traitement de délinquant, mais il faut aussi rappeler qu’il existe une grande masse silencieuse d’acteurs qui font tout ce qu’ils peuvent tous les jours pour faire en sorte que le lendemain soit meilleur. Et cette masse silencieuse ce sont ces syndicalistes qui quotidiennement travaillent avec les chefs d’entreprise pour garantir la performance future, ce sont ces entrepreneurs qui partagent avec leurs collaborateurs les fruits des richesses créées, ce sont ces politiques qui n’ont pas le temps d’aller dans les médias tant leur temps est compté pour recueillir auprès des acteurs d’aujourd’hui les idées de demain, ceux sont ces citoyens qui œuvrent chaque jour à rendre leur vie meilleure et aussi celle des plus démunis.

Ce qui s’est passé chez Air France est grave, mais finalement tellement prévisible tant la violence semble devenir l’unique arme « de destruction massive de toute ambition de construction collective ». Pourtant le collectif existe encore. Allez voir sur le terrain, dans les territoires. Mais ce qui nous est jeté à la figure quotidiennement n’est qu’intérêt personnel, corporatisme, stigmatisation, protection de privilèges incompréhensibles, clientélisme, peur politique, absence de courage et j’en passe.

Donner autant de place dans les médias aux extrêmes pour légitimer la violence est une anomalie contemporaine. Refuser de serrer la main d’un président de la République au regard d’un désaccord sur la vision est une anomalie contemporaine. Etre dirigeant non propriétaire donc sans risque et partir après deux ans de dégâts avec plusieurs millions est une provocation, être dirigé par des politiciens dont le seul carburant est l’ambition est une maladie qui devient morbide.

Il est devenu difficile d’être fier de vivre en France quand d’une minorité d’incompétents nous est imposée comme le plus grand dénominateur commun de notre société. C’est triste, faux et surtout dévastateur. Il nous faut nous reprendre en main et redonner du pouvoir à cette majorité silencieuse qui ne se reconnaît plus dans ses représentants. A quand le grand renouveau démocratique ?


Christophe Praud, directeur de la publication
Le 19-10-2015
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