Novembre 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Une PME française qui rivalise avec trois multinationales

Seule PME française à rivaliser avec 3 multinationales dans le secteur de la fabrication, la commercialisation et l’installation de bandes transporteuses, MAAS déploie conseil et service sur-mesure depuis 30 ans. Tout en gardant une structure et un esprit familial auprès de ses 1000 clients annuel !

Les bandes transporteuses, cela ne vous dit sûrement rien. Pourtant, vous en avez déjà vu des dizaines, sans y prêter forcément attention. A y regarder de plus près, elles font partie de notre quotidien : vous y déposez vos achats à la caisse du supermarché, vos bagages à l’aéroport ou votre plateau à la sortie de la cantine. Et pour les amateurs de sushis, haricots plats et yakitori, vous y voyez parfois défiler curieusement vos plats au restaurant… L’entreprise MAAS conçoit depuis 1985 ces mêmes bandes transporteuses pour l’agriculture, l’industrie agroalimentaire et pharmaceutique, les centres de tri ou encore les plateformes logistiques. Un savoir-faire sur mesure sur lequel l’entreprise MAAS a fondé sa réputation, aujourd’hui dirigée par Julien Maas.

VERS L’OPTIMISATION ET AU-DELÀ

L’entreprise familiale, Julien la connaît bien : il y a passé quelques étés, entre travail dans les ateliers de fabrication et participation aux séminaires avec les commerciaux. Fort de ses connaissances pratiques, il part faire ses études à l’Ecole d’Ingénieurs du Pas-de-Calais — aujourd’hui EIL Côte-d’Opale. Pendant trois ans, il se spécialise en Génie industriel avec pour objectif de pouvoir concevoir, intégrer, exploiter, gérer et améliorer les systèmes de production. Un parcours qui nécessite des compétences dans les domaines des sciences et techniques de l’ingénieur (automatique, traitement du signal et des images, vision industrielle, robotique, mécanique, génie des procédés, génie électrique, énergétique et développement durable, génie informatique…) et du management industriel (management de projets, organisation du travail, gestion de production, assurance qualité, Hygiène-Sécurité-Environnement…). Sans oublier la dimension humaine, économique et environnementale du métier ! Pour parfaire son apprentissage, Julien réalise son stage de fin d’études chez Saint-Gobain Sekurit France. Il enchaîne de suite avec un poste d’Ingénieur méthode dans la même structure, où il travaille à remplacer une ligne de fabrication de vitrage automobile. Pendant 18 mois, il optimise les process et la cadence dans la production de vitres de toits ouvrants, mets en place de nouveaux outils et des formations pour les salariés. Et réitère cet accompagnement du changement pour une ligne de fabrication de vitrage destinée aux portières cette fois. Soit au total trois ans d’expérience au sein du leader européen du verre automobile.

2008, ANNÉE DE TOUS LES DÉFIS

En 2007, son père souhaite prendre sa retraite, après plus de 20 ans à diriger l’entreprise qu’il a fondée. Alors que son père se questionne sur les possibilités de revendre MAAS à un confrère, à l’un de ses enfants ou à un groupe concurrent, Julien s’interroge aussi en parallèle : « Je me suis sincèrement demandé si reprendre l’activité m’intéressait, notamment par rapport à mes expériences chez Saint-Gobain. Et j’ai décidé que oui. C’est un patrimoine familial que je n’avais pas envie de laisser partir, tout comme les collaborateurs ».Pour l’année 2008, il se fixe trois objectifs : analyser les process et les outils de l’intérieur en tant que directeur technique ; connaître les produits, les marchés et les tendances ; et prévoir la reprise de l’entreprise par un rachat. « Une année hyper riche et dense », comme l’avoue Julien. 2008, c’est aussi l’année où beaucoup de PME subissent les revers de la crise économique. « Mon banquier et mon expert-comptable me confiaient que leurs clients n’allaient pas bien. Avec cette ambiance particulière, je commençais à avoir des doutes et des inquiétudes – légitimes — sur l’entreprise : est-ce que nous allions aussi bien que les chiffres le montraient ? Est-ce que j’avais la capacité de mener mes collaborateurs sur le bon chemin ? Est-ce que j’allais réussir ? » Mais MAAS a les reins solides : elle collabore avec plus de 1000 clients, répartis dans différents secteurs et zones géographiques – France, Belgique, Maghreb, Madagascar, Côte d’Ivoire et Taïwan. Surtout, le plus gros client de l’entreprise représente seulement 5 % du chiffre d’affaires total. « C’est une diversification instaurée par mon père : il ne faut pas qu’un seul client puisse déstabiliser l’entreprise. En découlent un certain équilibre et une sécurité qui nous a permis de passer la crise. Avec une croissance moindre, mais une croissance quand même. »

Afin de continuer sur cette lancée, Julien et son équipe décident d’étoffer la gamme des produits proposés, que sont historiquement les bandes transporteuses en polyuréthane et en PVC. Ce n’est pas un problème pour l’entreprise, qui n’a pas mis en place l’automatisation des process de fabrication. Bien au contraire, tout est totalement personnalisé. Optimiste, Julien confie « l’outil qui change et s’adapte le plus vite, ce n’est pas la machine, c’est l’Homme».

QUESTION DE SERVICE

MAAS propose désormais plus de 90 sortes de bandes et courroies aux utilisateurs, constructeurs et distributeurs. « Notre volonté, c’est d’apporter au client le produit le plus fiable, économe et écoresponsable par rapport à son besoin. La renommée de l’entreprise s’est construite sur le conseil, le service, et le bouche à oreilles. Nous exportons à Taïwan grâce au contact de l’un de nos clients… breton ! »Au conseil, les « itinérants » qui parcourent la France et le terrain, à l’écoute du client. Au service, les techniciens présents en atelier de fabrication, qui partent aussi installer les produits directement sur site. Julien estime que pour ces derniers, « c’est une richesse dans leur développement professionnel, car ils découvrent de nouveaux milieux et des façons de faire chez les clients. De leur côté, ils apportent leur regard pour conseiller au mieux et sont un appui précieux de veille pour les technico-commerciaux. »

L’ensemble des équipes est implanté sur 8 sites au travers du territoire national, qui facilite la proximité et la rapidité d’intervention. Rien n’est laissé au hasard : MAAS est aussi ouverte toute l’année, sans période de fermeture, permettant aux équipes de répondre en permanence aux besoins des partenaires. De plus, un service de dépannage 24 h/24 et 7 j/7 est disponible. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes : 16 000 produits spécifiques confectionnés par an et une moyenne de 61 produits uniques confectionnés par jour. Mais alors, quels points forts restent-ils à développer pour cette entreprise à dimension humaine ?

TROIS REVES

« A mon grand regret, il n’y a aucune femme dans mon équipe technico-commerciale. Ce n’est pas faute d’avoir embauché ! Pourtant, MAAS reste le stéréotype de l’entreprise qui a des salariés féminins seulement dans la partie administrative. » Une situation que Julien aimerait sincèrement voir évoluer, convaincu qu’un regard féminin sur le métier apporterait un vrai plus. Alors à bon entendeur, si vous connaissez la belle-sœur d’une amie, la cousine d’un voisin ou la nièce du boulanger qui pourrait être intéressée… Second rêve pour l’avenir de MAAS, développer le maillage territorial des équipes : du côté de la France, mais aussi à l’international. « C’est une approche différente du métier, car nos techniciens ne peuvent pas se déplacer sur site. Téléphone et points vidéo sont alors nos yeux et nos oreilles. Cette démarche export, je veux la structurer et l’adapter ».Dernière ambition, réfléchir à l’efficacité commerciale de MAAS, grâce au partage, aux regards bienveillants et structurés d’autres entrepreneurs.

En 2011, Julien entend parler d’une association d’entrepreneur qui, selon son expert-comptable, pourrait lui parler, compte tenu de sa personnalité et ses valeurs : le Centre des Jeunes Dirigeants d’entreprise. « Très vite, entre les commissions de travail, les soirées thématiques mensuelles et les autres sollicitations, j’ai été happé. Je n’ai jamais fait autant de formations que depuis mes 4 années d’adhésion au CJD ! »Diriger, c’est un métier qui s’apprend, ça ne s’invente pas. « A travers des formations de management et de développement personnel, j’ai appris à remplacer le mode “descendant” par la co-construction d’idées, l’échange et la participation. Et j’ai pris conscience du besoin de formation de mes collaborateurs, capital pour leur bien-être et leur évolution. »En somme, Julien souhaite continuer à prendre du recul, et donc de l’avance.


Laurianne Condette
Le 30-09-2015
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