Avril 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


France : territoire(s) de richesses

Avec les transferts de technologies et la réorientation des capitaux permis par la mondialisation, la croissance a changé de camp. Il y a trente ans, ceux que nous appelions les pays en voie de développement réalisaient 10 à 15 % de la croissance mondiale chaque année. Depuis le début des années 2000, ce sont eux qui tirent cette croissance.

Petit retour en arrière. Dans les années 80, c’est l’industrie textile française qui pâtit la première de la concurrence des pays étrangers. Une hécatombe. Puis dans les années 90, la menace se généralise à presque tous les pans de l’économie. Elle vient du Maghreb ou des pays de l’Est, qui découvrent le capitalisme. En 2000, l’ogre chinois entre dans la danse et devient l’atelier du monde. En Inde, une main-d’œuvre hyperqualifiée vient défier l’industrie informatique des pays industrialisés.

Les conséquences ? Délocalisations, plans sociaux, fermetures d’usine, accroissement inexorable du chômage… Des « joyaux » de l’industrie passent sous pavillon étranger, laissant planer un doute sur leur implantation à moyen/long terme sur le sol français. Des bassins économiques se désertifient. Les métropoles voient leurs périphéries s’élargir, laissant ces cités-dortoirs parfois se transformer en véritables ghettos, « territoires perdus de la République ».

Au grand jeu de la mondialisation, la France doit se réinventer. Et elle tarde à le faire, prisonnière à la fois d’un passé qu’elle regrette et d’un avenir qu’elle redoute. Le déclinisme devient l’idéologie qui monte. C’est « la France qui tombe » ; l’ancienne puissance coloniale voit son influence économique, politique, diplomatique toujours plus remise en cause.

Dans ce dossier, notre volonté est de sortir résolument la tête du défaitisme ambiant, de ce bain malsain dans lequel nous croupissons depuis trop longtemps déjà. Nos territoires regorgent de richesses ; nos concitoyens débordent de ressources. Reste toutefois à les orienter ingénieusement.

Portons donc notre attention sur les succès déjà engrangés et sur les raisons d’espérer. Pas d’optimisme béat ici, ni de chauvinisme niais, mais la lucidité de nous voir tels que nous sommes. Focalisons notre attention sur la manière dont la contre-offensive prend forme dans les territoires. Ce numéro 111 de Dirigeant montre comment la reconquête s’organise.


Lionel Meneghin
Le 30-07-2015
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