Mars 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Podemos : le ras-le-bol citoyen

Résidant en Espagne depuis plus de 10 ans, contributeur régulier de notre journal, Samuel Pinello témoigne ici de la percée fantastique de Podemos aux dernières élections espagnoles. On ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec notre situation en France.

24 mai 2015. Jour d’élection municipale et régionale en Espagne. En tant qu’étranger résident et inscrit dans le recensement municipal, j’avais moi-même reçu ma carte d’électeur. Des connaissances personnelles d’horizons très variées me faisaient part de leur souhait de ne plus voter « comme avant ». Confusément, j’éprouvais la sensation que des choses pouvaient se passer. Il y avait déjà eu les indignés, le 15 mai 2001, on s’en souvient. Le ras-le-bol citoyen n’était sans doute, pas seulement une mode, mais bien une tendance durable…

A l’origine de tout, une lassitude générale de la part des espagnols envers les deux grands partis de la transition démocratique, le Parti Populaire et le Parti Socialiste. Trop d’affaires de corruption sont sorties ces derniers temps. Les Communautés autonomes de Madrid, de Valence ont été éclaboussées par de vastes scandales politico-financiers. La Catalogne et sa capitale n’ont pas non plus était épargnées, loin s’en faut. D’où, je le pense, au sein de la population, une envie de détruire un système qui ne défend plus les intérêts des citoyens et qui favorise la rencontre d’intérêts des « hauts placés » ; qu’ils soient d’ailleurs du secteur public, du secteur privé, des élus ou de grands chefs d’entreprise.

« Les politiques des partis traditionnels ne sont que les majordomes des grands patrons et des financiers ». Ce diagnostic est celui de Pablo Iglesias principal chef de file de Podemos. Un message dans lequel se retrouvent la plupart des citoyens ; l’exemple qu’un discours politique cristallise parfois une opinion générale. Cela on donné le résultat que l’on sait. Le Parti Populaire reste le parti le plus voté à l’échelle nationale, certes. Mais il est en net recul, sans majorité absolue dans la plupart des cas. Les villes de Madrid et Barcelone par le jeu des alliances de gauche devraient être gouvernées par deux affiliées à Podemos : Manuela Carmena et Ada Colau. Un bref rappel historique nous enseigne que le Parti Populaire règne sur Madrid depuis près de 25 ans… À Barcelone, le parti de tendance séparatiste qui avait mis fin en 2011 à plus de 30 ans de pouvoir socialiste a été, contre toute attente, battu. Deux séismes politiques ; deux fiefs qui tombent.


Samuel Pinello
Le 17-06-2015
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