Mars 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


L’intuition : facteur clé du recrutement

Quel rôle joue l’intuition dans le processus de recrutement. Difficile de mettre des mots sur ce qui fait basculer la décision d’un dirigeant, lui faire préférer tel candidat à tel autre. Mickaël Cabrol, CEO fondateur d'EASYRECRUE, s’y essaie…

Avec 70 % des patrons qui ont « peur » d’embaucher[1], et plus de 3 millions de chômeurs en France[2], la demande ne rencontre pas l’offre, et le nombre de sans-emplois continue d’augmenter. Face au volume des candidatures et à la variété des profils, recruter constitue un véritable challenge, surtout lorsque l’on sait que 75 % des CV seraient « trompeurs »[3]. Employer un nouveau collaborateur est à n’en point douter un acte stratégique, et ici l’erreur entraîne une perte conséquente de temps et d’argent.Entre le coût du recrutement, celui de l’intégration et de la formation, et la perte d’opportunités business, un mauvais choix en la matière coûterait à l’entreprise entre 40 000 € et 50 000 €[4]. La recherche de talents et du candidat « idéal » sont les enjeux majeurs des DRH aujourd’hui. Le fait que seulement 36,1 % des salariés restent moins d’un an dans le secteur privé[5] après leur embauche en CDI, illustre pleinement les limites des méthodes de recrutement actuelles.

Des outils pour mieux recruter

Augmentation du nombre d’entretiens pour affiner la sélection de candidats, mise en place d’outils d’analyse des compétences et de la personnalité, « serious games » pour tester un candidat de manière ludique… Afin de mieux identifier le collaborateur le plus qualifié et de limiter les conséquences d’une erreur de casting, les étapes du processus de recrutement se sont multipliées. Il en va de même pour les outils dédiés qui sont aujourd’hui de plus en plus nombreux et performants : chat, réseaux sociaux, MOOC, smartphone, business games, marketing viral, blog, entretien vidéo, etc. Les nouvelles technologies favorisent l’émergence d’analyses plus poussées dans le recrutement.

Les entreprises restent néanmoins convaincues que l’entretien reste le moyen le plus pertinent pour jauger les candidats. Et grâce aux NTIC, 43 %[6] d’entre elles le mènent désormais à distance. Il constitue un moment clé dans le processus d’évaluation du candidat et permet notamment d’apprécier sa vivacité d’esprit, la précision de sa pensée, son sens de la synthèse et sa capacité à structurer un raisonnement. Les nouvelles technologies peuvent également aider à une prise de décision plus objective. La vidéo par exemple, permet de se focaliser et de se concentrer sur l’image qui favorise l’assimilation de nouvelles informations. L’ensemble de ces outils, bien qu’innovants et performants, reste néanmoins au service de l’intuition du recruteur pour gagner en valeur et en efficacité.

Recrutement : l’intuition, le nerf de la guerre

L’intuition, du latin « intuito » qui signifie « regard intérieur », est un mode de pensée dont l’application systématique fait son chemin dans le domaine du management et du recrutement. Il est ce « petit plus » qui permet de prendre les bonnes décisions et d’aller à l’essentiel. Dans un processus d’embauche où l’on se doit d’être efficace, il prend tout son sens.

« L’intuition est très puissante, plus puissante que l’intellect à mon avis» (Steeve Jobs)

L’intuition est toujours juste, à ne pas confondre avec l’interprétation ou l’émotion qui sont des « pensées parasites » et polluent le message intuitif. Dans le cadre d’une potentielle collaboration, suivre son intuition et se faire confiance permet d’être performant et garantit bien souvent le bon choix face à un candidat. D’après Alexis Champion, Docteur en informatique et Spécialiste de l’intuition, pour mener à bien un entretien d’embauche, il faut toujours « partir en aveugle » : moins en savoir pour mieux savoir. Il est en effet plus pertinent de ne pas alimenter son intellect et son raisonnement afin de bien s’écouter et récolter un maximum d’informations. Mais dans un processus de recrutement en plusieurs étapes, avec plusieurs intervenants, se reposer uniquement sur l’intuition de chacun paraît impossible, car il s’agit là d’une approche trop personnelle. C’est pourquoi les nouvelles méthodes d’entretien permettent aujourd’hui d’engranger un maximum d’informations venant alimenter l’intuition, qui est bien l’outil qui fera la différence.

L’intuition émerge donc dans le domaine du management et du leadership. Sa compréhension et sa maîtrise sont de plus en plus recherchées. Bien que les nouveaux outils de recrutement se multiplient, qu’ils apportent de nouvelles possibilités et qu’ils améliorent la qualité et la fluidité des échanges, ils n’en restent pas moins au service du premier outil instinctif : l’intuition. L’utilisation de ces deux moyens complémentaires est donc indispensable pour bien recruter. Finalement et comme le souligne Laurent Faibis, patron de l’institut d’études économiques Xerfi : « L’intuition, c’est LE secret des patrons, le cœur du business. Entre nous, tout le monde le sait. Mais en public, ça se dit peu. »



[1] Enquête Contrat de Travail, MEDEF, avril 2015

[2] Enquête Insee « Demandeurs d’emploi inscrits et offres collectées par Pôle Emploi en avril 2015 »

[3]7ème étude sur lesCV trompeurs par le FLORIAN MANTIONE INSTITUT – Février 2014

[4] Enquête menée dans plusieurs pays (États-Unis, Brésil, Chine, France, Allemagne, Inde, Italie, Japon, Russie et Royaume-Uni) par Harris Interactive pour le compte de CareerBuilder entre le 1er et le 30 novembre 2012

[5] Étude du Ministère du travail, DARES, Janvier 2015

[6] Question RH, la grande enquête, RégionsJob, 2013


Mickaël Cabrol
Le 31-10-2016
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