Août 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


L’entreprise dans les écoles : cheval de Troie ou vrai partenaire ?

Échaudé par les tentatives de pédago-marketing troubles de quelques grandes marques, le Français, ce bipède entretenant avec son système éducatif un rapport définitivement passionnel, y regarde à deux fois avant de laisser l’entreprise pénétrer dans son école. Ce qui n’empêche pas de magnifiques initiatives « bilatérales » de voir le jour, se pérenniser et… faire mouche !

C’est la grande peur du cheval de Troie, la crainte que la sacro-sainte indépendance de l’enseignement public ne soit confisquée par des entreprises « conquérantes et à visée purement mercantile ». À chaque fois qu’un nouveau « cas » fait parler de lui dans les médias, la foule gronde. Au point que même les multinationales aguerries à ce genre de pratiques y regardent désormais à deux fois avant d’entreprendre quelque action que ce soit « en partenariat » avec les écoles. Et, avouons-le, ce n’est pas forcément un drame. Car, dans l’éventail des liaisons plus ou moins fructueuses qu’entretiennent monde de l’éducation et monde de l’entreprise, ces épisodes ne sont pas les plus glorieux…

À vos marques, prêts ?

De quoi parle-t-on au juste ? De ce célébrissime fabricant de soda qui, il y a quelques années, signa une convention avec une grande ville pour déployer auprès des écoles municipales un certain nombre «d’actions de valorisation de l’esprit citoyen et sportif auprès des jeunes ». Actionsconsistant principalement à les emmener à la piscine, déployer des affiches et leur offrir des gadgets bien évidemment signés du nom de ladite marque. De ces deux grandes banques qui, en pleine crise financière, organisent dans les écoles des jeux-concours vantant les mérites de la bourse et expliquant le b-a ba de la spéculation. De ce Père Noël sponsorisé par un célèbre fast-food venant offrir aux enfants des broutilles le dernier jour de classe ou encore de ce fabricant de jouets, certes éducatifs, organisant des ateliers de construction dans les maternelles. Le but ? Prendre rendez-vous avec le futur consommateur, bien sûr. Et pas seulement futur d’ailleurs puisque les enfants sont prescripteurs des achats familiaux à hauteur de… 50 %.

L’incontournable complexité des choses

Mais assez parlé du verre à moitié vide. Sans arriver encore aux milliers d’entreprises qui n’aspirent qu’à faire partager aux plus jeunes les valeurs de l’entrepreneuriat, évoquons d’un mot d’autres grandes sociétés ayant le bon goût de laisser leurs gros sabots à la porte. C’est Texas Instrument qui, en France comme ailleurs, finance des programmes et ateliers auprès de 1200 écoles et sponsorise le talent. C’est Dassault Systèmes qui, de manière plus élégante encore, pour faire face au déficit français d’ingénieurs (— 50 % en 5 ans !), sensibilise chaque année aux sciences des millions d’élèves et étudiants, du primaire aux doctorants, quasiment sans arrières-pensées. Et puis, comme toujours, il y a les milliers d’initiatives individuelles plus ou moins anonymes (cf. encadrés) qui expérimentent, améliorent puis pérennisent leurs actions, multipliant les rencontres entre chefs d’entreprises, enseignants et élèves, fédérant de part et d’autre les bonnes volontés et accomplissant au quotidien un remarquable travail pédagogique sur les métiers et le fonctionnement de l’entreprise.

Exemple ? Opération organisée par la CGPME Rhône-Alpes, le succès de l’opération « Faites de l’entreprise » consistant à amener les dirigeants dans les écoles et les classes dans les entreprises ne se dément pas. Et c’est loin d’être une exception ; c’est même tout le contraire puisque la Semaine École — Entreprise (www.semaine-ecole-entreprise.com), expérimentée depuis 2000, institutionnalisée depuis 2004 en partenariat avec le monde professionnel — CJD en tête — a, en 2014, fêté ses 15 ans. Son but ? « Faire redécouvrir le monde de l’entreprise aux enseignants et aux élèves autrement… développer leur goût d’entreprendreet leur faire prendre conscience des valeurs positives de l’entreprise, lieu de création de richesses et de développement personnel… mieux les informer pour qu’ils s’oriententen ayant une vision plus claire des enjeux et du fonctionnement d’une entreprise… en les invitant à vivre des projets pédagogiques innovants… ». Thème central cette année : « Quelle entreprise en 2020 ? » Une initiative qui a le mérite de permettre aux jeunes de se projeter…


Jérôme Bourgine
Le 29-06-2015
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