Avril 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Comment vaincre le décrochage scolaire ?

Comment mettre le pied à l’étrier aux dizaines de milliers de jeunes qui quittent chaque année le système scolaire sans diplôme de niveau professionnel type BEP ou CAP, ni de baccalauréat. Pour aider les décrocheurs qui le souhaitent à se réinsérer, l’école de la deuxième chance est un instrument de lutte contre leur exclusion par l’éducation.

C’est en décembre 1995, lors du sommet européen des chefs d’État à Madrid, qu’Édith Cresson alors Commissaire européenne à l’éducation, propose de mettre en place les dispositifs dits de la deuxième chance. Ces dispositifs ont pour objectifs de permettre aux jeunes de 18 à 25 ans d’entrer volontairement dans des structures proposant un suivi individuel conjointement à la pratique de l’alternance en entreprise. Une école pilote, financée par l’Union Européenne, est alors implantée dans chacun des pays membres.

Structures autonomes

En France, cette école ouvre à Marseille en 1998. Suivront en 2002 Mulhouse, puis des « Écoles de la Deuxième Chance » (E2C) s’installent en Champagne-Ardenne, Seine-Saint-Denis… En juin 2004, le Réseau des E2C. Il comptait 43 écoles réparties sur 105 sites en 2013. « Les différentes structures sont autonomes », explique Adil Lamrabet responsable gestion et développement des E2C. Ce qui veut dire que, par exemple, les critères pour les intégrer peuvent varier d’une E2C à une autre. Certaines acceptent des jeunes avec un CAP si celui-ci est dans un secteur où il y a peu d’emploi ; d’autres demandent une sortie du système scolaire depuis un an minimum, ou parfois plus de 6 mois.

Mais toutes s’attachent, pendant 4 à 6 semaines, à tester la motivation des jeunes au travers de la construction d’un projet professionnel. Une sorte de période d’essai à l’issue de laquelle 8 jeunes sur 10 poursuivent leur parcours de formation.

Une porte ouverte vers l’insertion professionnelle

Les stagiaires dont la formation individualisée peut prendre entre 4 et 12 mois en fonction du projet, sont « recrutés » tout au long de l’année par petits groupes. Les pratiques pédagogiques varient d’une école à l’autre pour tenir compte, par exemple, de la situation locale et du bassin d’emploi. En plus de recevoir des cours, les jeunes peuvent participer à des activités culturelles et pédagogiques. Car l’E2C s’est aussi donnée pour objectif d’ouvrir ces jeunes sur les mondes sociaux, professionnels et culturels qui leur étaient jusque-là étrangers… et bien sûr de développer des compétences utiles à leur insertion professionnelle.

À leur remise à niveau dans les matières fondamentales (lecture, écriture, calcul et aussi acquisition de connaissances en informatique), les E2C ajoutent une ouverture sur le monde professionnel. L’alternance est en effet la clé de voûte du dispositif. Elle permet de jeter des ponts entre deux mondes, celui des entreprises et celui des jeunes. Ainsi, les stages en entreprise représentent entre 40 et 55 % du parcours de l’apprenant. « Nous essayons d’orienter les jeunes vers des métiers en tension, des métiers porteurs. Certes, il ne s’agit pas d’une solution miracle, poursuit Adil Lamrabet, mais d’une solution qui peut les aider, un tremplin pour ceux qui veulent s’en sortir. Au sein des E2C, les apprenants valident, à leur rythme, étape par étape, leur projet professionnel. »

Des progrès matérialisés et un suivi personnalisé

À l’issue de leur parcours, les jeunes ne reçoivent pas de diplôme, mais une attestation de compétences acquises, accompagnée de leur portefeuille de compétences. Cette attestation leur permet d’apprécier les progrès qu’ils ont accomplis au cours de leur cursus de formation ; l’objectif étant de leur faciliter l’accès à l’emploi ou à une formation professionnelle adaptée au métier choisi. À noter qu’après sa sortie, avec ou sans emploi, chacun est suivi pendant un an par son référent.Au final, l’E2C cherche à développer la responsabilité des jeunes et à les rendre acteurs de leur propre changement au sein de la société.


Isabelle Chatain
Le 6-07-2016
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