Octobre 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


L’entreprise, c’est pas sorcier !

Insuffler l’esprit d’entreprendre, sensibiliser à la réalité de l’entreprise, faire découvrir le monde du travail. Tels étaient les objectifs du CJD Compiègne en lançant le projet « L’entreprise, c’est pas sorcier ». Durant deux mois, élèves, entrepreneurs, professeurs et chefs d’établissement se sont rencontrés et ont échangé pour découvrir ensemble l’entreprise et démystifier un domaine trop marqué par les préjugés.

Ambiance survoltée au Tigre, le pôle événementiel de Compiègne, le14 novembre dernier. 850 élèves de 4e durant l’après-midi, 1500 participants en soirée (chefs d’entreprise, institutionnels, famille) acclament Jamy Gourmaud, le parrain de l’opération et emblématique animateur de l’émission « C’est pas sorcier » sur France 3. Venus témoigner de leurs visites d’entreprise, les jeunes avaient plein des choses à raconter ! Car leur enthousiasme et leur implication ont été à la hauteur des ambitions du CJD Compiègne.

Une préparation minutieuse

En initiant ce projet, Claude Georges, Président du CJD Compiègne, souhaitait donner à l’entreprise une vraie place dans l’avenir des jeunes. Il en confie la réalisation à Carole Cresson, membre du CJD Compiègne et dirigeante d’une entreprise de communication, qui en définit les contours : « Nous souhaitions montrer aux enfants que, tout près de chez eux, des produits et services de leur quotidien sont créés chaque jour. L’objectif du projet est aussi de recueillir des témoignages pour voir l’entreprise à travers les yeux des enfants. Pour cela, nous avons sélectionné un panel diversifié d’entreprises à découvrir pour valoriser des activités et des métiers différents. » Carole et les autres membres du CJD engagés dans le projet contactent les chefs d’établissements. Enthousiasmés par le projet, ces derniers décident de cibler les élèves de 4e afin de leur ouvrir de nouveaux horizons à un an de leur stage de découverte de l’entreprise et huit collèges du Compiégnois s’engagent. Première étape : dirigeants et enseignants co-construisent une valise pédagogique destinée à expliquer ce qu’est un modèle économique. Sont ensuite constituées 23 équipes composées d’une classe, d’un parrain du CJD et d’une entreprise visitée, ces trinômes vont se rencontrer à 4 reprises durant deux mois. Lors de la première séance, le parrain, entrepreneur du CJD, les questions des jeunes et les aider à se familiariser avec le vocabulaire de l’entreprise. Pendant le deuxième rendez-vous, le représentant de l’entreprise visitée raconte son parcours, l’histoire, l’activité et l’organisation de sa société. Vient ensuite la visite proprement dite. Enfin, tous se retrouvent pour un débriefing « Et maintenant, comment vois-tu l’entreprise ? ».

De belles découvertes

Le discours de ces jeunes élèves se révèle un recueil de pépites, alternant étonnements et évidences sur cette réalité de l’entreprise. Lors des premières rencontres, trois mots ressortaient : chômage, licenciements et syndicats. Les élèves considéraient l’entreprise comme une nébuleuse abstraite et complexe. Mais, lors de la soirée de restitution, les jeunes ont unanimement reconnu leur changement de regard. Telle Emeline qui commente : « J’imaginais les chefs d’entreprise dans leur bureau, sans travailler et lisant des rapports. Aujourd’hui, je les sais travailleurs, motivés, s’investissant pour que leur entreprise marche. » Sentiment partagé par Laura qui explique « Maintenant, j’aimerais bien travailler en entreprise alors qu’avant cela me faisait peur. »Même enthousiasme du côté des professeurs avec Yannick Morel : « Avant, les élèves avaient une représentation très succincte et caricaturale de l’entreprise. Aujourd’hui, à travers cette opération, vous leur avez ouvert des perspectives vocationnelle et professionnelle. Un grand merci ! »

Dans les commentaires, on notera l’étonnement quasi unanime sur la taille : que ce soit les bassins d’épuration, les machines, les silos, tout paraît grand à ces jeunes médusés. Sans parler de la diversité de l’entrepreneuriat. Claire avoue qu’elle ne savait pas qu’il y avait autant d’entreprises, notamment dans les services. Fatim ne pensait pas qu’un commerce était une forme d’entreprise…

Révélation également au niveau de la variété des métiers dans une entreprise. Sylvain, qui a visité une station d‘épuration de la Lyonnaise des eaux, avoue : « Je ne savais pas qu’il y avait autant de monde derrière mon robinet ! » Les notions de créativité, d’innovation et de responsabilité leur étaient totalement inconnues. Enfin et surtout, découverte de la vie dans l’entreprise. Dany constate : « Je croyais que l’entreprise, c’était chacun pour soi. Et en fait, c’est tout le contraire ! » Axel reconnaît également avoir été étonné par l’esprit d’équipe et la bonne humeur entre les collaborateurs : « Finalement, ce n’est pas forcément un endroit où l’on se rend en traînant les pieds. » Les médias évoquant majoritairement l’entreprise sous l’angle conflictuel, nos jeunes s’attendaient à un environnement peu sympathique. Du coup, ils ont été agréablement surpris de découvrir un lieu de convergence entre enthousiasme et plaisir de travailler ensemble.

Se rapprocher des entrepreneurs et salariés de demain

Pas de tabous, même les sujets difficiles sont abordés. Ainsi, Patrice Delepine, ébéniste, a ému son groupe non seulement par la passion qu’il a témoignée pour son métier, mais également par sa sincérité lorsque le thème du licenciement a été évoqué. En apprenant qu’il avait dû y avoir recours, les élèves ont d’abord été irrités. Mais après avoir appris que cela était la conséquence d’une annulation de commande, nos jeunes se sont alors lancés dans le procès du client défaillant !

Cette belle expérience a-t-elle fait naître des vocations ? Sans doute, mais elle a surtout démystifié un monde méconnu et mal perçu. Et les élèves ne sont pas les seuls à être enthousiastes : toutes les parties prenantes veulent renouveler l’opération. Les chefs d’entreprise y ont trouvé une source d’émulation et de prise de hauteur, le corps enseignant une source d’ambitions et de vocations. Le CJD s’est vu reconnu comme un acteur soucieux de se rapprocher des entrepreneurs et salariés de demain. Finalement, c’est vrai, l’entreprise, quand on prend le temps de la connaître, c’est pas sorcier !


Nathalie Garroux
Le 2-06-2015
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