Mars 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


A la recherche de la juste connexion

Le numéro 109 de Dirigeant est aujourd’hui disponible. Au sommaire, une interview du philosophe André Comte-Sponville et un dossier autour d’une thématique chère au CJD, celle de la juste connexion.

Individus connectés, entreprises connectées, objets connectés, terre connectée[1]… Pas un caillou sur cette planète sous lequel se réfugier pour échapper à l’empire — à l’emprise — de la connexion. Mais cet empire, quel est-il exactement ? Comment le caractériser ?

Celui-ci s’exprime avant tout dans notre préoccupation essentielle d’entrer en relation avec les autres, de tisser des liens, de ne jamais rester isolés, d’appartenir au réseau. Cette « hyper-sociabilité » nous confronte à une triple nécessité.

  • - Nécessité d’abord de faire et d’inspirer confiance. Exigence d’être en capacité de s’engager.

  • - Nécessité ensuite de communiquer. Nous devons initier la relation et, si nous sommes sollicités, il nous faut l’accepter. Exigence de disponibilité.

  • - Nécessité enfin de s’ajuster constamment aux autres et aux situations. Exigences de mobilité, de flexibilité, de polyvalence, d’employabilité…

Depuis les années 90, c’est ce modèle « connexionniste » qui s’impose dans les entreprises[2]. Un véritable engouement pour la forme réticulaire, inspirée par l’essor prodigieux des neurosciences[3] pendant les années 80. Les technologies de l’internet formeront de puissants instruments au service de son développement.

Aujourd’hui, nous sommes tous pris dans des réseaux permettant des associations riches en potentialités nouvelles, mais également en occasions de nous perdre dans la prolifération et l’enchevêtrement des liens.

Comment apprivoiser le réseau ? Comment contrôler ce qui est complexe… et donc incontrôlable ? Comment recomposer les rapports pour les rendre émancipateurs et non plus aliénants ? Par quels leviers transformer le « connectif » en « collectif » ?

Comment trouver la juste connexion ?

À ces questions, les articles de ce dossier entendent proposer quelques réponses. Pour arriver à nos fins, nous vous invitons à une mise en abyme : à quoi connecter l’idée même de connexion ?

La connexion n’est pas uniquement technologique, même si l’époque entend souvent la réduire à cela. Elle peut relier deux individus par une simple poignée de main.Elle peut faire s’allier deux entreprises, offrant alors des perspectives économiques, sociales et humaines inouïes. Elle peut également, de façon plus intime, nous relier au monde, à un hypothétique au-delà, ou encore à nous-mêmes, ouvrant ainsi un chemin vers l’intériorité et la spiritualité.



[1] Connecter l’humanité tout entière, offrir des services à bas coûts, accessibles à tous. Mais aussi apporter l’Internet rapide absolument partout sur la planète, telle est l’ambition des entreprises de la Silicon Valley.

[2] Lire pour s’en convaincre Le nouvel esprit du capitalisme, de Luc Boltanski et Eve Chiapello, chez Gallimard.

[3] Se référer à l’éclairant Que faire de notre cerveau, de Catherine Malabou, chez Bayard.





Lionel Meneghin
Le 29-04-2015
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