Avril 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Un bon patron doit être jardinier, tireur de cartes et aubergiste

Voilà une drôle de définition du métier de patron ! Explications...

« Les licenciements créent une situation délétère nuisible à la cohésion générale », estime Freddy Sarfati dans son livre L’Entreprise autrement [1]. À la différence des entreprises « toxiques » qu’il a connues, cet entrepreneur d’origine tunisienne a su créer une entreprise industrielle consacrée à la recherche, à la production et la vente de composants d’automation qui a connu la prospérité pendant 34 ans, sans hiérarchie, sans licenciement, avec une croissance de 20 % par an. Avec un management « fluide et convivial » qui visait « la recherche de l’efficacité par l’échange et où le bien-être prime sur l’avoir ».

« Les profits vont d’abord au développement, aux réserves en cas de coup dur, une part est distribuée

sous forme de salaires, augmentation ou primes… », écrit-il. Dans la grande distribution, Cotsco est classée numéro 1 des entreprises où il fait bon vivre dans le classement Fortune. Son dirigeant, Jim Senegal, affirme que « bien traiter ses employés est un bon business ». Son arme secrète, il paye mieux ses salariés (17 dollars l’heure) que ses concurrents et il remplace 6 à 20 % de ses employés chaque année. Mieux vaut, selon lui, les payer plus que de dépenser 350 % de plus pour recruter, licencier, et former ses employés comme d’autres le font.

« Un bon patron doit être jardinier car il faut une gestion très fine, très pertinente, compte tenu des notions de contrôle financier et de gestion, mais il faut aussi être créatif et faire pousser les plantes dans le bon sens » estime Antoine Godbert, professeur à l’ESCP Europe et directeur de l’agence 2E 2F qui gère les programmes européens de formation tout au long del a vie dont le programme Erasmus pour tous. « Il faut qu’il soit tireur de cartes car c’est l’intuition qui fait l’entrepreneur le plus performant, il faut prendre des options sur le futur qui va être de plus en plus instable. Fini le temps des patrons omniscients et outrecuidants. I l devra aussi être aubergiste et mettre autour de la table des gens qui viennent d’environnement totalement différents, avec mesure, pour insérer les intérêts particuliers dans l’intérêt général ».



[1] FreddySarfati, L’Entreprise autrement, L'Harmattan, 2010

Thérèse Bouveret
Le 16-11-2014
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