Mars 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Crowdfunding saison 2 : passons aux choses sérieuses !…

Crowdfunding
Face à l’immense succès rencontré, le crowdfunding, désormais encadré légalement, se professionnalise. Une entreprise peut emprunter jusqu’à un million d’euros aux internautes en toute légalité. Une alternative aux banques classiques qui devrait combler une partie de la "vallée de la mort du financement" affligeant l’hexagone…

Un site, une histoire :PretPME


80 millions d’euros prêtés ou donnés par les internautes français pour financer des projets en 2013, trois fois plus qu’en 2012 tandis que dans le même temps, le marché mondial du financement participatif doublait lui pour atteindre les 5 milliards de dollars. En France, l’an dernier près de 50.000 projets ont été financés par près d’un million de donateurs.Surtout, à partir de juillet prochain, conformément à la loi Pellerin qui entrera alors en vigueur, une brèche sera légalement ouverte dans le monopole bancaire et les particuliers pourront prêter à des PME, toucher des intérêts sur leurs placements ou même engranger des actions en toute légalité.



Le million ! Le million !

Après les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l’Italie, la France est donc le 4ième pays à légiférer sur le financement participatif et à lui accorder un cadre définitivement légal. C’est aussi le pays qui est allé le plus loin dans l’ouverture à ce nouveau mode de financement ; en termes de plafond déjà puisque le montant maximum du prêt accordé a, chez nous, grimpé jusqu’au million d’euros. Chaque prêteur ne pouvant, en revanche apporter que 1000 € à un projet particulier (pour limiter et diversifier le risque pris), sans naturellement que cela limite son nombre de participations en tant que "business-angel". Autres impératifs imposés par la loi : la transparence sur les frais pris par la plate-forme, l’information donnée sur son taux de projets financés avec succès ainsi qu’un outil d’aide à la décision permettant à chacun de calculer, selon ses revenus, ce qu’il est en mesure de prêter.



Dédié aux entreprises

Si la loi ne change rien pour les plateformes qui occupaient le devant de la scène ces dernières années et sur lesquelles l’internaute faisait don d’un certaine somme (généralement peu élevée) à un porteur de projet personnel ou entrepreneurial (Ulule, Kisskissbankbank, etc.) contre diverses « contreparties » souvent symboliques, il change au contraire tout pour des sites qui, comme le défunt friendsclear, avait voulu secourir les entrepreneurs et dirigeants cherchant un financement que les banques leur refusaient, mais avait dû jeter l’éponge face à la complexité de la réglementation financière française. Ainsi, Nicolas Guillaume, co-fondateur de Friendsclear, œuvre-t-il aujourd’hui dans le même esprit au sein d’une nouvelle plateforme très concrètement nommée PretPME. En plus d’ouvrir des dossiers de financement participatifs, celle-ci propose une cartographie des différentes sources alternatives possibles suivant la situation et les projets des PME et de leur dirigeants (dont 76% rappelons-le se plaignaient fin 2013 du durcissement des conditions d’obtention d’un prêt bancaire).



Label et Cie

Et ce n’est là qu’une des diverses offres de service proposés par ces nouveaux acteurs du paysage financier dont le nombre devrait s’accroître considérablement dans les mois à venir. Ainsi le célèbre Kisskissbankbank vient-il de se décliner en Hellomerci pour passer du don de la famille et des copains au prêt véritable finançant des projets à vocation majoritairement entrepreneuriaux. Une floraison qui sera d’autant plus abondante qu’avec la loi Pellerin, les plateformes n’ont plus à disposer de fonds propres (125.000 à 720.000 € jusque là). Mais un label mis en place par l’AMF (Autorité des marchés financiers) et l’ACP (Autorité de contrôle prudentiel) permettra en revanche aux futurs emprunteurs d’identifier facilement les acteurs respectant en tous points la réglementation.


Si cette nouvelle forme de financement s’adressait jusqu’ici en premier chef aux freelances et TPE (le Bureau International du Travail prévoyant que tel soit le statut de la moitié des jeunes travailleurs à l’horizon 2020 !), ce n’est plus le cas et ces investissements publics effectués via internet pourront également s’opérer en capital, dans les SA et – nouveauté – également les SAS.


Incroyable la vitesse à laquelle les choses ont évolué depuis que cette chronique consacrait son premier article à un crowdfunding hexagonal émergeant, en… 2012 !


Affaire à suivre…



Le mois prochain :

Comment internet veut sauver les abeilles…



Par Jérôme Bourgine

"Auteur de "1991-2011 : internet a 20 ans. Et maintenant ?" aux éditions du Puits Fleuri :www.puitsfleuri.com

Les chroniques d’Utopia (internet EST une utopie !)
Le 2-06-2014
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