Mars 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Quand le réseau sort des ordinateurs !…

Fablab
Fab Labs, bureaux partagés, coopératives… les pratiques collaboratives nées de l’usage d’internet ont commencé de sortir des ordinateurs et de fédérer les gens dans le monde "réel". La preuve par trois…

Un site, une histoire : Fablab.fr

Imaginé en 2004 par Neil Gershenfeld, enseignant du MIT créateur de la première plate-forme du genre, les Fab Lab (pour Fabrication Laboratory) sont des ateliers de création d’objets physiques ouverts à tous mais s’adressant en priorité aux entrepreneurs souhaitant passer plus vite du concept au prototype, aux designers et aux artistes, aux étudiants désireux d’expérimenter et enrichir leurs connaissances pratiques et enfin aux bricoleurs (« makers ») en tous genres, adeptes du désormais fameux mouvement DIY (Do It Yourself)… On trouve aujourd’hui des Fab Labs aux États-Unis, en Europe, mais aussi en Afrique (Ghana, Kenya, Afrique du Sud), au Costa Rica ou en Afghanistan (hotline de rigueur). On y produit selon les cas des colliers émetteurs pour les troupeaux de rennes, des pompes à eau, turbines, instruments agricoles de base et antennes paraboliques à haut niveau de gain ou encore, de plus en plus, toutes sortes d’objets créatifs sortis du ventre fécond des imprimantes 3D.



Et de un !

À New York, vient d’être inauguré le Neuehouse, 5000 m² de bureaux partagés destinés aux free-lances, petites et moyennes entreprises liées à la mode, au design, au cinéma ou à l’art… Dans ce nouvel espace de co-working, une attention toute particulière a été portée au décor : tables très larges, hauteur de plafond maximale, lustres massifs, bouquets de roses blanches, musique jazzy et œuvres d’art soigneusement réparties, pour un loyer mensuel compris entre 400 et 1000 dollars…

Un bel exemple d’espace de co-working de seconde génération, de ce côté de l’Atlantique, la dizaine de bureaux partagés et espaces communs existant en région parisienne étant encore largement (mais déjà plus « uniquement » fréquentés par les acteurs du monde des nouvelles technologies ; à l’image de la désormais célèbre Cantinedu second arrondissement.



Et de 2 !

Enfin, issu de l’expérience de la coopérative alimentaire de Park Slope Food Coop, à Brooklyn où 16.000 adhérents gèrent un supermarché de 1000 m², deux jeunes américains ont importés le concept en France et ressuscitent l’esprit des coopératives de jadis. La Louve, ouvrira bientôt ses portes dans le 18e arrondissement de Paris. Chacun de ses membres devra y travailler trois heures par mois en échange desquelles il bénéficiera de prix intéressants et de la possibilité de participer au choix des produits vendus.Un modèle de fonctionnement oùles clients sont donc mobilisés dans la chaîne de valeur, peuvent peser sur le choix des fournisseurs comme la nature de l’offre, un modèle enfin communautairefondé sur des valeurs partagées (éthique, bio, producteurs locaux…) et marqué par un esprit de famille, soudé par l’idée de peser concrètement sur la vie quotidienne par son action.


Et de 3 !

Espaces de co-working, hackerspaces, makerspaces… on observe clairement une mutualisation progressive des lieux de travail, mais aussi du travail lui-même à travers des projets open-source de plus en plus nombreux. Et si cette nouvelle forme de distribution du travail s’adresse en premier chef aux freelances et TPE, n’oublions pas que le BIT (Bureau international du Travail) prévoit que tel soit le statut de la moitié des jeunes travailleurs à l’horizon… 2020 !!!


Petit dernier pour la route…

Chaque année, l’usine Mozinor de Montreuil (93) génère quelque 3000 tonnes de déchets en plastique, bois, plexiglas… Une manne providentielle pour l’entreprise Ecodesign Lab qui vient de se créer sur le toit de ladite usine et sera tournée vers la production (par tous ceux que cela intéresse : Fab Lab !) de meubles et d’objets à partir des matériaux rejetés par les 50 entreprises installées sur le site. « Tout l’enjeu est de combiner des chutes périodiques et aléatoires avec les logiques de la fabrication en série», explique Philippe Schiesser, l’entrepreneur qui a créé le lieu. « Dans ce but, les designers occuperont une place centrale pour concevoir les mini-séries d’objets qui seront fabriquées par le lab». Affaire à suivre…



Le mois prochain :

Comment internet veut sauver les abeilles…



Par Jérôme Bourgine

"Auteur de "1991-2011 : internet a 20 ans. Et maintenant ?" aux éditions du Puits Fleuri : www.puitsfleuri.com

Les chroniques d’Utopia (internet EST une utopie !)
Le 6-05-2014
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