Avril 2017
Un jour, tu te réveilleras et tu n’auras plus le temps de faire ce que tu voulais faire. Fais-le donc maintenant.
Paulo Coelho


Cocoriclic !

Oui Share Fest 2013
La France championne du monde de l’économie collaborative ? C’est bien possible. Même que pour une fois, les pouvoirs publics suivent. Et que les entrepreneurs qui réussissent ont décidé de la jouer collective pour mieux s’exporter. Conte de faits…

Un site, une histoire : Ouishare

Ce 27 mars 2014, Antonin Léonard rayonnait. De retour d’un tour du monde de l’économie collaborative au terme duquel il assure que nous en sommes les champions (diffusé le 7 mai sur Canal +), il sortait d’un petit déjeuner à Matignon où le Premier Ministre recevait les fondateurs d’une dizaine de start-up ; des réussites ayant connu ces derniers temps une croissance exponentielle mais offrant également la particularité d’appartenir à l’économie dite collaborative. Antonin, lui, était là parce que le site qu’il a cofondé (obligé, le "co" !), Ouishare, est un peu la patrie virtuelle des entrepreneurs de cette nouvelle économie pour laquelle il plaide depuis des années, lui qui pense que "l'entrepreneuriat est non seulement un moyen de créer des entreprises, mais aussi de changer l’économie, d’avoir un impact social et environnemental positif. Les économies sociale, solidaire et collaborative étant de mieux en mieux reconnues et l’image de l’entrepreneur changeant, auprès des institutions comme du public".



Besoin d’argent ? Solidarnosc !

L’économie collaborative, on vous en parlait encore le mois dernier dans ces colonnes. Et le magazine Jeune Dirigeant y consacre son dossier. Si elle marche si fort, chez nous, c’est d’une part parce que notre pays a été l’un des plus rapides à adopter les réseaux sociaux et multiplier les usages privés d’internet, mais aussi parce que ces Français que l’on dit individualistes en diable sont bel et bien les recordmen des pratiques collaboratives (eh oui ! C’est comme ça), qu’il s’agisse de protester ensemble contre l’infamie, d’accueillir gratuitement l’étranger de passage, de faire du covoiturage ou encore de donner/prêter de l’argent aux créateurs d’entreprise à l’aide du crowdfunding, cette collecte de fonds via internet. Certes, on n’était pas si abandonnés qu’on le dit souvent côté investisseurs puisque la France se place au troisième rang mondial du capital risque, mais en finançanten 2013 nos propres concitoyens à hauteur de 80 millions d’euros, nous avons battu tous les records. Les Anglo-Saxons eux-mêmes n’en reviennent pas. Sachant qu’une partie non négligeable des fonds levés l’a été à destination de créations d’entreprises situées complètement en dehorsde l’économie numérique, comme le rappelle la belle histoire de solidarité locale ayant donné naissance à la marque de jean made in France1083.



La jouer collectif

Et pour une fois donc, « en haut », ça suit. Le petit-déjeuner à tignon avait certes valeur de symbole, mais au-delà de la reconnaissance accordée aux nouveaux entrepreneurs, la rencontre s’inscrivait dans une ligne d’actions concrètes extrêmement positives, initiée jadis par Nathalie Kosciusko-Morizet et démultiplié puissance 10 par Fleur Pellerin (deux femmes, deux étiquettes) que plusieurs générations d’entrepreneurs remercieront sans doute d’avoir permis à l’actionnariat d’entrer dans le crowdfunding, lequel acquiert du coup une dimension économique et financière tout autre (quel sera alors le montant des fonds collectés en 2014 ?!). Sans oublier le projet Fab Labs 2013 qui va booster 14 lieux de création collaborative, ni la création de la French Tech, cette « équipe de France des écosystèmes numériques » qui réunit les start-up les plus performantes afin, qu’ensemble, elles rayonnent à l’internationale.



Bis repetita…

Bref, qu’on en ait conscience ou pas, une vague extrêmement dynamique et puissante s’est levée, dont les gouttes d’eaux se sentent étonnement solidaires. Voici ce qu’en disait Marion Carette, fondatrice de Zilok (200.000 objets qu’on louent entre soi) et Ouicar (2 ans seulement et 10.000 voitures déjà à s’entre-louer) en… 2011 : " Nous en sommes au même stade que dans les années 90, lorsque les VPCistes se posaient la question de savoir s’il fallait aller sur le web ou non. Aujourd’hui, beaucoup voient débarquer une nouvelle forme d’économie, qui les dépasse complètement… Nous sommes en train de démontrer que le secteur est extrêmement dynamique, avec des business models qui marchent, des entrepreneurs passionnés (dans la morosité ambiante, ça fait du bien !) et de vrais beaux projets. Je pense que tout le monde ne réalise pas le raz de marée qui se prépare car ces modèles sont un peu plus lents à se mettre en place (besoin d’une masse critique, d’installer un nouvel usage, de convaincre, de rassurer…) mais une fois installés, ils viennent changer complètement la façon de vivre des gens, sans changer leur besoin initial de consommer : rouler, voyager, manger. L’industrie classique ne le réalise pas, mais le train est en marche… et c’est un TGV !"

Il semblerait que les faits lui donnent raison…


NB : Du 5 au 7 mai, au Cabaret Sauvage, à Paris, 1000 pionniers de l’économie collaborative célèbreront lors de la Oui Share Fest l’avènement de « l’âge des communautés » : conférences, co-créations, interactions… Le TGV fait halte. Avis à ceux qui souhaiteraient monter dedans…


Par Jérôme Bourgine

"Auteur de "1991-2011 : internet a 20 ans. Et maintenant ?" aux éditions du Puits Fleuri : www.puitsfleuri.com



Le mois prochain :

Quand le réseau sort des ordinateurs…

Les chroniques d’Utopia (internet EST une utopie !)
Le 14-04-2014
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